Yummy Nouvelle Orléans – Part 3

NOUVELLE ORLEANS, day 3. Si le French Quarter offre une ambiance, il en est tout autre du Riverwalk qui offre une quiétude balade le long du Mississippi, cette rivière rendue notamment célèbre par ses bateaux mouches.

Riverwalk

Le dernier toujours en service se trouve d’ailleurs le long de cette promenade des anglais version outre-Atlantique qui embarque avec lui son flot de passagers quotidiens.

Muffuletta

À l’est, le French Market, qui a depuis longtemps perdu sa connotation bleu-blanc-rouge au profit des vendeurs de souvenirs et des Food Stalls, est l’occasion d’aller déguster une autre des spécialités du coin : la Muffuletta.

Importé par les immigrants italiens, ce sandwich est composé de deux grands morceaux de pain, d’une salade d’olive, de tranches de mortadelle, de salami, jambon ainsi que de mozzarella et de provolone, le tout servi chaud. Bref, l’Italie à sous perfusion américaine !

Warhouse District

Au bout du Riverwalk, le Warehouse District commence à faire son apparition sous forme de bâtiments d’a peine deux étages, aux couleurs uniforme. Gris pour l’un, bleu pour l’autre. Ici, c’est le monde des arts et du design qui prône, comme le montre l’enfilade de galeries où les artistes viennent exposer leurs dernières œuvres. On est loin de l’agitation du French Quarter, ici c’est une autre sorte de créativité qui s’exprime.

Erin Rose

L’appel de l’estomac se faisant entendre, direction Erin Rose, un pub irlandais ne payant pas de mine au premier abord mais dont la salle du fond révèle une cuisine proposant des PoBoy à faire grimper les papilles au plafond ! Le pain est croquant à souhait et tendre à l’intérieur, les crevettes particulièrement bien assaisonnées et tout en chaire, accompagnées d’herbes et de carottes râpées. La création du jour, à base d’agneau, de coriandre, de sauce tatsiki à la menthe et d’épices, est tout simplement à se damner ! C’est délicieux, frais, orgasmique… Bref, le PoBoy a encore de beaux jours devant lui chez Erin Rose.

Musician
Le séjour touche à sa fin mais avant de repartir vers de nouvelles aventures, il ne serait point de Nouvelle Orléans sans son moment musical. Au détour d’une rue, des airs de clarinette, de trombones, de trompette, de batterie et de guitare viennent remplir l’atmosphère. La joueuse de clarinette entame un solo à couper le souffle des touristes bouche-bées. C’est ensuite au tour du joueur de trombone de s’exprimer et de jouer avec et pour le public.

Les pieds ne peuvent s’empêcher de battre la mesure tandis que les mains en font de même. Les sourires se posent sur les lèvres, la musique envahit les cœurs de la foule…. Le charme de Nouvelle Orléans aura une fois de plus réussit son tour de passe-passe…

Yummy Nouvelle Orléans – Part 1 : http://bit.ly/1jpy6Dx
Yummy Nouvelle Orléans – Part 2 : http://bit.ly/1luQRHr

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Yummy Nouvelle Orléans – Part 1

NOUVELLE ORLÉANS. Le pied à peine posé sur le tarmac, la moiteur du Sud des États-Unis vient envahir les corps des passagers au long cours qui viennent d’arriver à destination. On s’attend à quelques notes de jazz dès l’arrivée mais c’est au bruit des taxis que l’entrée dans la ville se fera. Adresse AirBnB trouvée, bagages déposés, jetlag remis au lendemain, l’immersion peut commencer.

Le French Quarter dévoile ses maisons de bois, ses chaises à bascule posées, signe d’une vie de terrasse où le temps s’écoule à regarder les passants et la vie de quartier. En chemin vers le quartier de Marigny, on y croise des maisons plus belles que les autres.. Difficile de croire que dix ans plus tôt, une certaine agitation de la nature avait tout emporté sur son passage. Première prise culinaire avec les Etats-Unis oblige, un arrêt au restaurant barbecue du coin s’impose.

The Joint ne paie pas de mine mais fait partie des incontournables locaux pour se lécher les babines avec les Ribs et autre Pulled Pork Sandwiches réalisés sur place. Servis avec des Mac&Cheese, du Coleslaw, une salade de pomme de terre ou des beans, difficile de faire plus local comme entrée en matière.

The Joint

Pete & Jenny, les propriétaires du lieu ont une règle d’or : pas question de s’impatienter, ici on cuisine frais et sur le grill, au rythme donné par le barbecue. Point de proportions gardées, le pays de l’oncle Sam a fait fi des petits estomacs depuis longtemps.

Cela tombe bien, la prochaine étape est à la balade digestive pour se rendre à Bacchanal Wine, sorte de paradis sur terre pour les amoureux du vin et du jazz. On entre par un Wine Shop où tous les vins du monde entier attendent patiemment d’être dégustés.

Puis en poussant la porte du fond, on découvre un grand jardin éclairé de lampion où la vingtaine de table accueillent les groupes d’amis venus déguster la cuisine de Joaquim Rodas, découvrir la sélection des vins tout en écoutant les groupes qui viennent jouer en live tous les soirs. L’assiette est généreuse, swinguant de plats traditionnels cajun à des planches de fromage et charcuterie.

Café du monde

Le lendemain, les victimes du jetlag ont le réveil matinal et c’est tout à l’honneur du Café du Monde qui ouvre ses portes – ou plutôt ne les ferme jamais – pour accueillir les yeux encore engourdis avec leur très populaires beignets et café. La queue qui se forme devant la grande bâtisse secondée d’une terrasse bâchée pourrait en décourager plus d’un, synonyme d’un attrape-touriste à plein nez.

Mais les apparences sont ici trompeuses car une fois la première bouchée du beignet avalée, c’est un sourire tout enfariné du sucre glace recouvrant la mythique pâtisserie qui se forme sur les visages. C’est croquant à la surface, moelleux et généreux à l’intérieur. On en redemande !

French Quater

La matinée est ensuite consommée à déambuler dans le French Quarter : Royal Street, Bourbon street, Chartres Street, Conti Street… Difficile de faire l’impasse sur ce quartier qui a fait la réputation de la Nouvelle Orléans. On sent l’influence touristiques de ces rues où règne une liberté de vivre, de boire, de consommer, bref tout simplement d’être sans être jugé dans une américaine parfois très – trop ? – puritaine.

Pourtant, si l’on parle de French Quarter, l’architecture ne fait pas le moine puisque les traditionnelles maisons en bois n’ont rien de très français. C’est plutôt l’influence espagnole qui l’emporte. Suite à un grand incendie, le quartier fut reconstruit au moment de la grande époque espagnole et l’architecture est restée.

New Orleans

Les français en mal du pays ne sont pas en reste puisque la langue de Molière est présente à tous les coins de rue, sur les devantures des magasins, sur les menus des restaurants, etc. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, ici on dit Charters et non pas Chartres, malgré l’orthographe correcte de ce dernier.

C’est sur un vélo que la pause déjeuner et une bonne partie de l’après-midi se déroulent. Sur les conseils du magazine local, direction le Culinary Food Tour organisé par la Confederacy of Cruisers. Un vélo, un guide et on part à la découverte du paysage culinaire de la Nouvelle Orléans et ce qui rend cette cuisine aux influences créoles et cajun si unique.

Bennachin

Premier arrêt chez Bennachin. Un des premiers ports autour de l’esclavage, la Nouvelle Orléans compte une grande communauté d’africains qui ont amené avec eux leurs spécialités. Aujourd’hui encore, la cuisine africaine forme une grande partie de l’héritage culinaire de la ville. Fait partie des restaurants qui ont obtenu le St Graal pour nourrir les milliers de bouches qui se rendent chaque année au Jazz Festival qui a lieu début mai.

Liuzzan

Plantains dégustés, les Flat Tire Bikes reprennent du service pour se rendre au Nord de la ville, en dehors des sentiers battus, chez Liuzza. Cela ressemble à un bar américain sans prétention mais on y mange un excellent Gumbo et un tout aussi bon étouffé.

Parkway

Retour sur la route pour aller chez Parkway, à quelques coups de pédales plus au Nord, en plein bayou. Ici, la spécialité c’est le PoBoy, contraction sudiste de Poor Boy, ces garçons travaillant à l’usine du coin pour qui le propriétaire des lieux de l’époque avait eu l’idée de proposer des sandwichs garnis de produits locaux, crustacés et poisson en particulier, dans un pain cuit dans le four.

Ce sandwich est aujourd’hui inscrit sur la plupart des menus des adresses de la ville. Si la garniture est laissée à la créativité de chaque chef et cuisinier, c’est la qualité du pain qui fait la réussite de ce sandwich.

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Tout en croquant à pleine dent dans un PoBoy aux généreuses crevettes locales, la guide revient sur Katrina, trémolo dans la voix et les yeux humides. Elle qui a pu partir en pleine nuit avant l’arrivée de la tempête, elle raconte comment l’ouragan et la montée naturelle des eaux se sont transformés en un mini-tsunami à cause d’une barque qui est venue s’échouer le long de la digue, créant un barrage naturel pour l’eau qui s’est déchaînée dessus.

Un peu plus tard, un chauffeur de taxi expliquera que la dite-barge fut placée là délibérément par les autorités, pour sauver une partie de la ville quitte à en sacrifier les quartiers les plus pauvres. Dix ans après, la vérité n’est toujours pas établie et ne le sera probablement jamais mais les habitants en resteront marqués, comme ces photos de la catastrophe que le chauffeur ne quitte jamais.

Il est et restera toujours difficile de réaliser réellement ce qui s’est passé, ce que les gens ont vécu mais une chose est sûre : la ville en est sortie grandie, fière, et les habitants sont devenus encore plus solidaires et ouverts aux autres. Cela se sent à chaque instant : les gens se parlent entre eux, n’ont aucune crainte à aborder leur voisin et entament une conversation comme de vieux amis qui s’étaient quittés la veille.

Gelato

Ce road trip à deux roues se termine chez Angelo Brocato pour y déguster un des nombreux parfums de glace ou encore des cannellonis de cette maison italienne. L’adresse est si couru par les locaux que le jour de sa réouverture quelques mois seulement après Katrina, une queue de plusieurs mètres s’était formée sur le trottoir. Le retour se fait l’estomac plein mais l’esprit heureux de s’être nourri de cette ville, de son héritage culturel, culinaire et historique.

Bellocq

L’après-midi touche à sa fin et après un dernier tour dans Frenchmen Street à écouter les premières notes qui émanent des bars de Jazz, direction l’Ouest de la ville pour un verre chez Bellocq, en plein Warehouse District.

C’est sous un déluge torrentiel et l’eau jusqu’aux mollets que les âmes affamées arrivent ensuite chez Pêche, qui vient tout juste de recevoir la distinction du Meilleur Nouveau Restaurant. Au même moment, l’alerte pour risque d’inondations est donnée mais peu importe, la ville en a vu d’autres…

Peche

Carnivore s’abstenir, poissons et crustacés ont désormais leur temple comme l’indique le nom du restaurant. C’est grand, bruyant – très bruyant – mais comme on dit par ici : “it’s F*** Damned good!”. Le festin commence par une assiette de la mer : crevettes généreuses, huîtres riches et opulentes à se damner, Ceviche, salade de poulpe et rillettes de thon divines ! Pour continuer, c’est au tour de l’écrevisse – Crawfish dans le texte – et de l’Ombrine – Drum – de faire leur apparition sur la table. Servi dans une sauce aux saveurs cajun pour l’un et au four pour l’autre, les papilles se régalent de ces nouvelles saveurs absolument délicieuses.

Peche food

Les becs sucrés ne résistent pas à l’appel du dessert mais lorsque les assiettes de gâteau au caramel arrivent, c’est un rappel à l’ordre immédiat : Bienvenu au pays de la démesure ! Les portions sont gigantesques et il faut plusieurs bonnes âmes pour venir – presque – à bout de ces pâtisseries taille XXL.

Dehors, la tempête continue à faire parler d’elle, les taxis se font rares et les filles ont depuis longtemps abandonnées leurs chaussures pour marcher pied nus sous les parapluies de fortune. Peu importe, la pêche était bonne et la Nouvelle Orléans a encore bien des secrets à dévoiler.

Confrérie des Chevaliers du Tastevin : Bienvenue en Bourgogne !

TASTEVIN. Toges pourpres pour les uns, pantalons bouffants pour les autres, longues écharpes d’or posées sur les épaules, chapeaux en velours : la tenue vestimentaire est aussi protocolaire que le sont trompettes et corps de chasse au moment d’accueillir cette bande de joyeux drilles qui officient deux fois par mois lors de la cérémonie des Chevaliers du Tastevin. Dans la salle, ça rivalise de smoking et de robes longues rendant à l’expression ‘l’habit ne fait pas le moine’ toutes ses lettres de noblesse.

Les moines, justement, en version cistercienne, ces investigateurs de ces rassemblements qui réunissent plus de 600 personnes au sein des enceintes du Chateau du Clos de Vougeot, en pleine Bourgogne, à quelques kilomètres seulement de la célèbre parcelle Romanée Conti. Car si ces quelques mètres carrés sont devenus au fur et à mesure des années les plus prisés de tout amateur de vin, son histoire et celle de toutes les appellations, dont la bourgogne aime à s’enorgueillir, ont connu des périodes de reconnaissance plus difficiles, liées à une crise économique grave laissant au fond des caves les produits de la vigne.

Georges Faiveley et Camille Rodier se réunirent alors dans une cave avec des amis et prirent le solennel engagement de promouvoir les grands vins de France en général et ceux de Bourgogne en particulier selon l’idée suivante :

Des vins de qualité tels que les nôtres doivent engendrer la joie et l’optimisme. Trêve de lamentations ! Si nos caves sont pleines, il faut les vider et inviter nos amis pour nous aider. Rénovons nos vieilles confréries bachiques. Pour conjurer le sort, au contraire, empruntons à Rabelais sa truculence, sa bonne humeur et à Molière sa philosophie souriante, son bon sens.

Ou comment combattre le marasme ambiant et insuffler un nouveau départ à cette région et ses vignes. Le marketing était né.

La guerre annonçant ses premières batailles, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin se fit des plus discrètes mais sortit de son silence dès la Libération signée et en profita pour acquérir le Château du Clos de Vougeot, haut-lieu cistercien, qui allait devenir son Chef d’Ordre.

Cerémonie TasteVin

C’est en cette demeure que 12 000 chevaliers à travers le monde se voient introniser depuis 1934 par la Confrérie à travers une cérémonie en grande pompe, durant laquelle sont consacrées les personnes ayant démontré leur talent, leur courage, leur intelligence, leur amour de la France assortis à des valeurs humaines fortes, validés par deux parrains membres de la Confrérie. Entrepreneurs, dirigeants, acteurs, sportifs et autres profils du même acabit sont donc régulièrement parmi les accédants au titre convoité selon la formule :

Au nom de Noé père de la Vigne
Au nom de Bacchus, dieu du Vin
Et au nom de saint Vincent, patron des Vignerons,
Je vous fais Chevalier du Tastevin

Table TasteVin

Une fois les cors de chasse ayant fait vibrer toute l’assemblée, smoking et robes longues sont invités à participer au repas aux saveurs bourguignonnes.

Menu Tastevin

Dans les coulisses, ce sont 15 cuisiniers qui s’activent pour servir les sept plats prévus au menu et 16 sommeliers à l’affût des verres vides pour venir les remplir des 500 bouteilles prévues pour l’occasion. Chaque cru choisi pour l’occasion est accompagné de son met et au vu du nombre de verres posés sur les tables, les levées de coudes sont de bons tons pour le déroulé de la soirée.

A chaque saison de nombreux Chapitres sont célébrés : Chapitre de Printemps, d’Eté, d’Automne… Chapitre de l’Equinoxe, des Roses… Chapitre de la Saint-Vincent, de la Saint-Hubert et ce soir-là, c’était les arts qui étaient à l’honneur :

Ce nouveau chapitre des Arts vient célébrer le travail des grands artistes et vient perpétuer la vie qu’ont installé ici les moines cisterciens. Le temps, l’Homme et la nature ont appris à se conjuguer ensemble pour créer cette oeuvre d’art que sont nos terres et rendre harmonieux le mariage de l’homme avec sa vigne

Au cours de la soirée, les papilles eurent l’occasion de déguster :

Un Chablis 2010 Tasteviné, accompagné d’une Caille farcie en Bellevue
Un Puligny-Montrachet 1er Cru Champs-Canet et sa canotière de Homard pattes bleues aux légumes d’Automne
Un Marsannay 2009 et les traditionnels oeufs en Meurette vigneronne
Un Beaune 1er Cru Dames Hospitalières 2004 avec son confit de Veau fermier à la Truffe de Bourgogne
Un Clos Vougeot Grand Cru 2007 réhaussé par une sélection de fromages
Un Crémant de Bourgogne Brut Rosé Tasteviné et un soufflé glacé à la Fine à l’orange de Dijon
et pour terminer – et digérer le tout – un café noir, un vieux Marc et une liqueur de Prunelle de Bourgogne et les quelques mignardises.

De cette soirée hors du temps, on en retiendra ces quelques mots, qui résument au mieux cette volonté de continuer à faire rayonner le patrimoine de la Bourgogne à travers le monde :

Voilà 1100 chapitres que nous célébrons ce soir, hymne à une culture et un modèle viticole qui sont sans égal dans le monde du vin, une culture qui scintille dans les verres et sur les papilles, cette mosaïque immuable qui traverse les années et les siècles jusqu’à pouvoir prétendre aujourd’hui à une place au sein du Patrimoine de l’Humanité pour lequel nos terres sont officiellement candidates.

Merci Rodrigo pour cette très belle découverte !

Havane, moments frôlés d’une parenthèse cubaine

HAVANE. Cela avait été maintes fois répété aux détours des conversations, une rengaine unanime dans toutes les bouches “Tu verras, le pays s’est arrêté il y a une quarantaine d’année. Depuis, un autre monde s’est créé tandis que le nôtre n’a cessé d’évoluer à une vitesse folle“.

On a beau essayer de s’imaginer ce qui nous attend à coup de guides touristiques et de photos made in Google, rien n’arrive à exprimer le sentiment ressenti dans cette atmosphère moite qui vient enlacer les corps fatigués du voyage, une fois l’avion posé sur le tarmac.

Collage Havane

Cette sensation étrange que la ville finit par appartenir à ceux qui la frôlait encore pour la première fois quelques jours auparavant. Celle qui, aux premières minutes, aux premières heures du voyage paraissait une belle inconnue, voilà qu’au fil des jours, La Havane est devenue celle qui offre un café et son verre de rhum du matin au Café El Escorial sur la Plaza Vieja ; une langouste sur fond bleu turquoise de la Playa Megano à Playa del Este ; un cigare aux douces notes de café et chocolat acheté chez Partagas sur la place du Capitole ; un réconfortant plat de Ropa Vieja à la Familia, un Mojito réalisé par les mains expertes de Luis à La Mina ou encore un Daiquiri bien dosé malgré ses airs d’attrape-touriste au Floridita, si cher à Heminguay.

Collage food

Chaque matin, la ville aux milles couleurs se réveille aux notes des chansons rendues populaires par le Buena Vista Social Club tandis que les vendeurs de livres de la Place d’Armes s’activent à dresser leurs rayonnages d’ouvrages dédiés à la vie du Che et autre littérature cubaine.

Collage place

Plus loin, sur la place Saint François, une sculpture représentant deux êtres en pleine conversation semblent se moquer des touristes qui passent, se racontant l’un à l’autre cette histoire cubaine si riche et si unique dont personne ne se lasse.

Cette histoire justement, elle qui a marqué ce pays de manière irréversible, les cubains la vivent et la subissent chaque jour. Dans les supermarchés, les produits sont exposés en vitrine pour rappeler le luxe de pouvoir s’acheter savon, shampoing et autres commodités de la vie courante. Les rues, elles, se modernisent doucement, à l’image des travaux engendrés pour améliorer l’accès à l’eau courante.

Collage revolution

Dans un pays où la majorité des établissements, jusqu’aux hôtels, est contrôlée par l’état, la notion de service essaie tant bien que mal à trouver sa place. Dans les restaurants, les attentes sont longues, l’initiative personnelle nullement rétribuée et le savoir-faire peu présent.

Mais comment s’en offusquer quand on sait que peu de cubains ont voyagé pour se rendre compte à quoi nous, européens et Américains, aux standards parfois (trop) élevés, sommes habitués ?

Collage plats

Si le service est parfois long, les portions n’en sont pas moins généreuses à l’image du cœur des Cubains. Ce peuple tourné vers l’entraide et le désir de faire connaître leur pays et leurs villes, a pris conscience que, malgré un accès limité aux matières premières, la satiété était un point important pour autres touristes que nous sommes.

Malgré un service qui déclencha une hilarité générale, faisant rimer déboires avec pourboires, à la Casa Lala, le cochon doucement cuit et le risotto fait maison à la minute proposé au paladar – entendez par là restaurant privé bien souvent chez l’habitant – n’en demeurèrent pas moins délicieux et réussis tant au niveau des saveurs que de la cuisson.

Collage Guarida

Deux diners à La Guarida, au second étage d’un spacieux immeuble, ne laissèrent personne de marbre, à l’image de son imposant escalier du même matériau. Considéré comme l’un des meilleurs spots culinaires de la ville, ce paladar plonge ses convives au cœur d’un restaurant “underground” où la vaisselle, les verres et les tables sont aussi dépareillés que les plats sont réussis. Le Buzz hollywoodien aidant – c’est là où fut tourné Fraise & Chocolat – les papilles avides de restauration cubaine de qualité se sont passées le mot pour venir y passer une soirée hors du temps.

Prétendre comprendre La Havane et Cuba à travers une poignée de jours passés sur place serait innaproprié mais une première immersion dans la ville et le pays permet au moins de se rendre compte que cette nation présente de belles opportunités de développement, et ce dans tous les domaines, y compris le savoir-faire culinaire.

L’histoire reste à suivre, au sens comme au figuré.

Turquie, pays aux milles délices

TURQUIE. Voilà trois ans que les papilles n’étaient pas retournées dans ce pays des merveilles. Une fête de fiançailles avec vue sur le Bosphore comme souvenir avait rendu le dernier voyage inoubliable. Mais qui pourrait oublier Istanbul de toute façon, cette ‘magnificent beast‘ comme la définie si justement un ami proche.

Zo Foto

Car Istanbul est ainsi faite. À peine son sol chaud frôlé, ses rues grouillantes déambulées, son histoire des milles et une nuit contée, sa diversité culinaire dégustée, elle vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher. À tel point que le manque s’installe si le retour au pays se fait trop rare… Alors, pour assouvir ce besoin physique de replonger au cœur de la ville, il était temps de repartir en terres turques.

Collage Plat

Rien qu’à l’énonciation de cette idée, les papilles ont eu du mal à retenir leur impatience à l’idée de re-goûter à l’Iskender – morceaux de viandes servis avec du pain, recouvert d’une sauce tomate au beurre accompagnés de yaourt, aux salades d’aubergines grillées, aux Lahmacun – ces pizza très fines à la viande hachée – ou encore au Mantı – le plat de raviolis locales.

Collage Istanbul

Mais si dans nos contrées la nourriture s’apprécie autour d’une bonne table, ici, la rue est le terrain de jeu gustatif par excellence. Chaque ruelle est une invitation à déguster un thé, un café turque ou un jus d’orange frais, chaque coin de rue devient un prétexte pour goûter un Dürüm ou tenter l’expérience des midye dolma – moules farcies. À moins que le KoKoreç – description laissée en suspens – ou les çikofte – viande crue épicée – ne viennent titiller les palais les plus aventureux.

Collage Dessert

Difficile de faire l’impasse sur quelques bombes caloriques telles que le helva, la batlava, le tavuk – le dessert au poulet qui laisse tout le monde dubitatif – . La liste est longue, très longue, pour dresser l’état des lieux des multiples agapes que la ville a à offrir… C’est en relisant ce billet rédigé lors de la dernière visite istanbuliote que l’on plonge pleinement dans le quotidien de la ville, alors laissez vous transporter dans un voyage aux milles saveurs en cliquant ici.

Après l’Espagne, les pays Nordiques et en ce moment le Pérou, la Turquie et particulièrement Istanbul ont désormais leur mot à dire sur la scène culinaire internationale. En attendant une reconnaissance de ses pairs, les ponts du mois de mai sont une bonne occasion pour aller goûter par soi-même.

Prague, histoire d’un tweet à la mer

COINCIDENCE. Celle d’un tweet d’abord, envoyé comme une bouteille à la mer. “Any reco for food places in Prague?”. Les réseaux sociaux ont depuis longtemps pris le pas sur les moteurs de recherche. Mais après tout, l’intervention humaine sait encore se rendre utile sur celle des machines…


Puissance la réponse ne se fut attendre trop longtemps. Un vaillant marin venu passait par la justement : You must go here @sansho. Tweet au long cours, la bouteille ne resta pas sans réponse. Rendez vous pris avec le dit-sansho, Paul Day de son prénom de ville. Dieu que j’aime ce genre de rendez vous.

Quelques jours plus tard, la ville tant attendue nous ouvre enfin ses bras, ses tours, ses ponts, ses quartiers, ses merveilles. C’est beau une ville la nuit comme le filmait Richard Bohringer. De jour aussi.

Vingt heures plus tard, la rencontre allait enfin prendre forme.

T’as faim ?
Va falloir !
J’aurais du prendre une salade à midi

Sacrés tchèques et leurs portions extra larges. Doux euphémisme. Vivre le pays, même juste que dans l’assiette. Au nom de la recherche.

Avec un ‘Sansho is a whole meat restaurant‘ fièrement inscrit sur la façade, difficile d’imaginer un quelconque jeun.

À l’intérieur, de longue tables en bois massif. Inutile de chercher un coin romantique,  ici, en République Tchèque, on partage. Héritage culturel d’une nation qui s’est serrée les coudes, sans doute.

Présentations faites, le ton est donné. Je vous sert le menu dégustation ?“. Comment pouvait-il en être autrement.

Premier plat. Première bouchée. Sashimi saumon.j’ai travaillé chez Nahm à Londres quelques années, j’y ai fait mes armes de cuisine asiatique. Coïncidence. Deuxième.

Nahm, première table gastronomique à Londres une fois les valises posées il y a bientôt 3 ans. Adresses dont les papilles se souviennent encore. Les chemins finissent toujours par se croiser, d’une manière ou d’une autre.

S’en suit alors une série de plats dont l’influence asiatique ne fait que confirmer sa présence. Petit bémol auteur du crabe frit servi dans un mini pain burger. On ne changera jamais un anglais et son amour pour les fameux sliders dont il raffole.

La fin du dîner approche et le chef vient prendre place autour de la grande table…un verre de bière à la main. What else?

Commence alors l’histoire. Celle d’un ancien boucher qui a officié dans le Chinatown de Londres jusque dans les classes dans les adresses asiatiques étoilées de la ville cosmopolite. Petit passage vers New York et Madrid avant de faire le grand saut : partir exercer son savoir faire à Prague.

Drôle de décision dans une ville où la cuisine sous influence asiatique ne fait pas franchement partie des meubles. Pourtant le charme opère, entre locaux à la recherche d’une adresse loin de la routine et des touristes opérant en dehors des sentiers battus.

Alors oui, il y a le Goulash ; le Šunková rolka s křenem, du Jambon servi avec une crème au Raifort ; le Svícková na smetane, un rôti de bœuf présenté dans une sauce et accompagné de knedliky, ces boulettes de farine qui tiennent au corps ou encore le Jablkový štrúdl, le Strudel aux pommes.

Tous ces plats sont les fondements de la cuisine tchèque et participent au fond de commerce des restaurants à touristes. Difficile de faire l’impasse et qui le voudrait de toute façon. La visite d’une ville passe par la découverte de ses spécialités. Cela fait partie du package et c’est tant mieux. Mais lorsque l’on découvre ce genre d’endroit, on se dit qu’on a bien fait de lancer un tweet à la mer.

Sansho
Petrská 25
110 00 Praha
www.sansho.cz/en

Parenthèse New Yorkaise – Brooklyn, adresses pour papilles en éveil

BROOKLYN. Probablement l’un des cinq arrondissements de la ville de New York les plus en vogue du moment. Les artistes y ont installé leur studio, les lieux ‘trendy’ fleurissent à chaque coin de rue, les ‘bobos’ New Yorkais viennent y trouver leur nouvelle résidence. La liste des adresses est longue mais quelques incontournables se détachent dans ce quartier qui n’en fini par d’évoluer.

1. Après un voyage en métro depuis Manhattan, rendez vous chez Blue Bottle Coffee situé 200 mètres plus loin. Ici, on y boit du café mais pas n’importe le quel. Les graines, certifiées sans pesticides et ayant poussées dans un environnement naturel, proviennent du Brésil, d’Éthiopie ou du Mexique. Les équipes mettent un point d’honneur à les torréfier 48h maximum avant leur utilisation pour conserver tous leurs arômes. Leur ‘iced Coffee New Orleans‘ est un ‘Must try’ pour se désaltérer et faire le plein d’énergie.
Blue
Bottle Coffee I 160 Berry Street I bluebottlecoffee.net

2. Ils parcourent les océans à bord de leur navire en bois pour ramener les fèves de République Dominicaine, ils confectionnent leurs chocolats dans leur usine de Brooklyn selon des méthodes très artisanales, ils emballent chaque tablette à la main dans leur papier aux allures de décoration d’intérieur et rendent tous les chocoholic hystériques. Les Mast Brothers, Rick et Michael, viennent tout juste de commencer à conquérir le monde et le vent n’a pas l’air prêt de tourner.
Mast Brothers
105 North 3rd Street I mastbrothers.com

3. Pour terminer cette aventure de l’autre côté de l’Hudson, rendez vous au Chef’s Table at Brooklyn Fare. Bluffée, émerveillée et même les larmes en ont coulé. L’une des plus belles tables en ce moment. Le seul hic : une bonne dose de patience pour la réservation. Tous les détails de cette expérience ici : http://bit.ly/IdS2bW
Chef’s Table
at Brooklyn Fare200 Schermerhorn Street
Pour les adresses New Yorkaises : http://bit.ly/HEgrJz