Havane, moments frôlés d’une parenthèse cubaine

HAVANE. Cela avait été maintes fois répété aux détours des conversations, une rengaine unanime dans toutes les bouches “Tu verras, le pays s’est arrêté il y a une quarantaine d’année. Depuis, un autre monde s’est créé tandis que le nôtre n’a cessé d’évoluer à une vitesse folle“.

On a beau essayer de s’imaginer ce qui nous attend à coup de guides touristiques et de photos made in Google, rien n’arrive à exprimer le sentiment ressenti dans cette atmosphère moite qui vient enlacer les corps fatigués du voyage, une fois l’avion posé sur le tarmac.

Collage Havane

Cette sensation étrange que la ville finit par appartenir à ceux qui la frôlait encore pour la première fois quelques jours auparavant. Celle qui, aux premières minutes, aux premières heures du voyage paraissait une belle inconnue, voilà qu’au fil des jours, La Havane est devenue celle qui offre un café et son verre de rhum du matin au Café El Escorial sur la Plaza Vieja ; une langouste sur fond bleu turquoise de la Playa Megano à Playa del Este ; un cigare aux douces notes de café et chocolat acheté chez Partagas sur la place du Capitole ; un réconfortant plat de Ropa Vieja à la Familia, un Mojito réalisé par les mains expertes de Luis à La Mina ou encore un Daiquiri bien dosé malgré ses airs d’attrape-touriste au Floridita, si cher à Heminguay.

Collage food

Chaque matin, la ville aux milles couleurs se réveille aux notes des chansons rendues populaires par le Buena Vista Social Club tandis que les vendeurs de livres de la Place d’Armes s’activent à dresser leurs rayonnages d’ouvrages dédiés à la vie du Che et autre littérature cubaine.

Collage place

Plus loin, sur la place Saint François, une sculpture représentant deux êtres en pleine conversation semblent se moquer des touristes qui passent, se racontant l’un à l’autre cette histoire cubaine si riche et si unique dont personne ne se lasse.

Cette histoire justement, elle qui a marqué ce pays de manière irréversible, les cubains la vivent et la subissent chaque jour. Dans les supermarchés, les produits sont exposés en vitrine pour rappeler le luxe de pouvoir s’acheter savon, shampoing et autres commodités de la vie courante. Les rues, elles, se modernisent doucement, à l’image des travaux engendrés pour améliorer l’accès à l’eau courante.

Collage revolution

Dans un pays où la majorité des établissements, jusqu’aux hôtels, est contrôlée par l’état, la notion de service essaie tant bien que mal à trouver sa place. Dans les restaurants, les attentes sont longues, l’initiative personnelle nullement rétribuée et le savoir-faire peu présent.

Mais comment s’en offusquer quand on sait que peu de cubains ont voyagé pour se rendre compte à quoi nous, européens et Américains, aux standards parfois (trop) élevés, sommes habitués ?

Collage plats

Si le service est parfois long, les portions n’en sont pas moins généreuses à l’image du cœur des Cubains. Ce peuple tourné vers l’entraide et le désir de faire connaître leur pays et leurs villes, a pris conscience que, malgré un accès limité aux matières premières, la satiété était un point important pour autres touristes que nous sommes.

Malgré un service qui déclencha une hilarité générale, faisant rimer déboires avec pourboires, à la Casa Lala, le cochon doucement cuit et le risotto fait maison à la minute proposé au paladar – entendez par là restaurant privé bien souvent chez l’habitant – n’en demeurèrent pas moins délicieux et réussis tant au niveau des saveurs que de la cuisson.

Collage Guarida

Deux diners à La Guarida, au second étage d’un spacieux immeuble, ne laissèrent personne de marbre, à l’image de son imposant escalier du même matériau. Considéré comme l’un des meilleurs spots culinaires de la ville, ce paladar plonge ses convives au cœur d’un restaurant “underground” où la vaisselle, les verres et les tables sont aussi dépareillés que les plats sont réussis. Le Buzz hollywoodien aidant – c’est là où fut tourné Fraise & Chocolat – les papilles avides de restauration cubaine de qualité se sont passées le mot pour venir y passer une soirée hors du temps.

Prétendre comprendre La Havane et Cuba à travers une poignée de jours passés sur place serait innaproprié mais une première immersion dans la ville et le pays permet au moins de se rendre compte que cette nation présente de belles opportunités de développement, et ce dans tous les domaines, y compris le savoir-faire culinaire.

L’histoire reste à suivre, au sens comme au figuré.

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