Sélection de Pâques : de l’œuf à la poule, il n’y a qu’une bouchée !

MYSTÈRE PASCAL. Si le mystère de l’œuf ou la poule continue à alimenter les conversations, la question du chocolat, elle, semble beaucoup plus simple à résoudre. A en croire le bouchon poussé un peu trop loin par Maurice qui n’hésite pas à dénoncer son camarade de bocal pour défendre le dit-trésor qui règne sur ses babines en ces temps pascals.

Toute la problématique réside alors dans le choix du poulailler, celui qui saura mieux transformer une basse-cour en un terrain de jeu alléchant, quitte à manger quelques œufs en douce au moment où sonne le clairon de l’ouverture de cette chasse à laquelle tout le monde accourt.

Jadis et Gourmande Bis

Qui part à la chasse trouve son œuf !
Chez Jadis et Gourmande, point de débat  à l’horizon, ce sera du côté de l’œuf que la chasse se joue. Raffinés à la pointe de l’élégance ou bien au chaud dans leurs boites, ils se dégustent noir à 71%  ou au lait 32% . Pour un prix entre 10 € à 96 € pour la version de luxe, difficile de tous les mettre dans le même panier mais une chose est sûre, c’est bien dans leur boite qu’on les trouvera à 30,60 €.

Collage Pierre Marcolini

Poupée des villes, lapin des champs ! 
Pierre Marcolini, le spécialiste belge de la fève torréfiée signe un hymne à la femme avec cette collection de poupées gigognes qui se donnent des airs de poulettes colorées, à moins qu’on les préfère en version lapin des champs ou Baby Doll des plus craquantes. Cachés dans ce bel écrin de chocolat au lait aux couleurs pop se trouvent des œufs pralinés pistache lait, noisette lait, amande lait et nougat lait… C’est beau, c’est bon et on redemande ! La tradition pascale est si jolie quand elle s’appelle Marcolini. 62 €

L'Atelier du chocolat

Une basse cour en folie ! 
Si le petit rat de Ratatouille voyait des feux d’artifices au moment de déguster son plat préféré, il semblerait que L’Atelier Du Chocolat ait décidé de nous entraîner dans un monde tout aussi psyché…délice à chaque morceau de chocolat croqué. A se demander si le soleil de Bayonne où se trouve la chocolaterie ne leur a pas frappé sur la tête ! Difficile cependant de résister à cette poule régressive au chocolat au lait Exnia 34% tandis que Monsieur le Coq a fière allure avec ses couleurs vives et son chocolat noir Kiretsa 70%. 35 €

Pascal Caffet

L’œuf qui soufflait  à l’oreille des gourmands
« Mon Précieux » soufflait-on encore dans les oreilles des grands enfants aux proies d’un anneau peu fréquentable. Pour Pascal Caffet, on souffle pour donner au riz cette légèreté qui vient faire de cette version du « Précieux » une gourmandise tout aussi addictive que son prédécesseur. Présenté dans son écrin, l’œuf se pare d’amandes bâtonnets torréfiées, de noix de Pécan caramélisées, de pistaches caramélisées salées, le tout enrobé de chocolat lait Côte d’Ivoire 40 %. Aussi précieux qu’une pièce de collection, il va falloir résister à l’appel de la tentation jusqu’aux sons des cloches ! 21 € et 41 € selon les tailles.

La Mère de Famile

Rendez-vous mode à la Mère de Famille
Joli pied de nez pour cette Pied d’Poule de luxe signée La Mère de Famille. Aux chasses et aux cris d’enfant, elle a choisi les spotlights de la table familiale pour exhiber sans complexe son sens aiguë de la mode… et du goût. Ultra tendance, elle se décline en chocolat noir 65% ou lait 36% rehaussé de pâte d’amande. Si la mode c’est son truc, elle n’oublie pas pour autant son côté Mère Poule avec ses petits en forme de friture de Pâques et de petits œufs pralinés papillotés qu’elle couve avec soin … jusqu’à l’heure de la dégustation. 37 €

Demi-oeuf face

De l’art en chocolat !
A défaut d’aller traîner dans les expositions du moment, préférant la tablée familiale aux hordes de touristes en mal d’impressionnisme, c’est l’occasion de faire venir l’art chez soi avec cette création des artisans chocolatiers de la Maison Fouquet uniquement réalisée pour cette période Pascale.  Cet œuf des plus élégants se compose de plusieurs pièces de différents chocolats, qui une fois assemblées et montées, donnent naissance à une petite œuvre garnie de fritures et petits œufs de Pâques qu’on prend autant de plaisir à regarder.. qu’à déguster ! 80 €

 Tartelette Choc'Maniac de Pâques

Choco Maniac’ ou l’anti dépresseur Pascal
Le chocolat oui, mais le gluten non ! Pour déjouer cette intolérance de plus en plus présente, Catherine Kluger et Catherine Cluizel ont choisi de réaliser une pâtisserie 100 % chocolat à 4 mains tout en déjouant la problématique dont il est question. Au résultat, ça donne une pâte sucrée à base de farines de riz et de châtaigne bio, de poudre de cacao brut d’une ganache au chocolat Kayambe noir 72 % et d’un cœur fondant au praliné 89 % le tout signé chocolat Michel Cluizel. Autant de gourmandises pour les maniaques du chocolat, cela aurait été dommage de s’en priver pour cause d’intolérance ! 5 €

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Du chocolat dans les étoiles ! 
La marque égérie des foodies en mal de produits Outre Manche a décidé à sa manière de trancher dans le vif du débat entre la poule et l’œuf.  Chez Mark & Spencer, la solution est toute trouvée : ni l’un ni l’autre puisque Dark Vador n’a qu’une seule réponse à faire : “I’m your father“.  Une nouvelle race de basse-cour est sûrement sur le point de voir le jour mais ce n’est pas les fans de Star Wars qui y verront un inconvénient. Maitre Yoda a bien réussi de nombreux tours de passe-passe donc quitte à voir débarquer un régiment d’oeufs-trooper, il n’y a un sabre ! 15 €

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Le Chocolat des Français : Choco..rico !

FAIRY TALE. On les aime ces contes de fée à la mode ultra connectée. Prenez par exemple deux étudiants en art qui, entre trois coups de crayons, partagent le même appétit pour les tablettes de chocolat. Car, oui, le mot tablette a son importance. Le chocolat dans son état (presque) le plus pur, sans ajout de crème ou de saveurs complexes. Celui que l’on croquait quand on était enfant à l’heure du goûter entre deux tranches de pain.

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A l’heure de se réunir au sein de leur propre “Club des Croqueurs de Chocolat“, créé pour l’occasion par une poignée de potes dans l’attente d’un éventuel accès à l’officiel St Graal du même nom, ces deux passionnés des belles choses se font la remarque – judicieuse – que si l’on croque dans la tablette du désir, son emballage n’arrive pas toujours à susciter le plaisir.

La vie étant bien faite, Paul Henri Masson et Matthieu Escande mettent alors à profit leur coup de crayon bien taillé pour redonner un nouveau souffle au chocolat et le rendre aussi beau que bon ! Et parmi leur palette de couleur préférée se trouvaient le bleu, le blanc et le rouge. Joli pied de nez à des marques bien connue de l’industrie qui jouent sur leur belgitude d’adoption pour soutenir leur vente. Pour Paul-Henri et Matthieu, point de moules-frites dans l’ADN familial, le credo sera… aussi bon, que beau que Made in France.

Collage LCDF

Et quitte à bousculer les habitudes, autant le faire avec humour : les deux artistes se mettent en tête de rendre le monde du chocolat plus drôle et plus léger, là où de nombreux chocolatiers tendaient à trop intellectualiser leur démarche.

Revendiquant leur non-connaissance technique du monde chocolaté, ils laissent à Jacques, leur fée marraine, le soin de développer les recettes avec un souhait très simple : faire revivre aux français leurs doux moments de l’enfance à travers chaque carré, sans saveur trop complexe mais avec des produits de qualité en provenance d’Equateur, Ghana, etc. Le Chocolat des Français, décliné en Lait 34% cacao et Noir 70% était né !

Collage Mur

Quelques tablettes au courrier plus tard, le Salon du Chocolat est séduit par cette approche des deux compères qui proposent d’exposer sur le salon un tableau réalisé à partir de tablettes illustrées par de nombreux artistes. Le 29 octobre 2014, c’est le grand jour au milieu des grandes maisons de leurs idoles que sont Bonnat, Bernarchon, Marcolini, et les 45 tablettes illustrées par les grands noms français – qu’ils soient Ben, Zep, Serge Bloch embarqués dans l’aventure à coup de culot – réussissent à susciter l’engouement du public et des médias durant l’événement.

A peine propulsé sur la scène publique, le conte de fée ne s’arrête pas là pour autant. Si les réseaux sociaux ont remplacé la baguette magique, c’est au tour de la fée Instagram de jeter le plus beau des sorts sur ce Chocolat des Français. Repéré par la plateforme sociale la plus en vogue du moment, les followers s’en emparent à coup de ‘like‘ tandis que les épiceries fines en font de même. Colette, La Grande Épicerie et autres boutiques du même acabit flairent alors le phénomène et contactent les deux novices.

Collage Chocolat

Quatre mois seulement après son lancement, Le Chocolat des Français s’est déjà vendu à 10 000 exemplaires jusqu’à aller trouver une place sur des étagères à New York, Amsterdam et en Écosse. En terres natales, le buzz continue son petit bonhomme de chemin et illustrateurs, satiriques, artistes, palaces parisiens et autres grandes marques se bousculent au portillon pour rencontrer ces trublions du chocolat français.

Dès le 12 mars, c’est d’ailleurs la Grande Épicerie qui accueille deux nouvelles recettes : un excellent et régressif Lait caramel et Sel de Guérande et un 70% noir et Eclats de noisette offrant un très bel équilibre en bouche.

Du beau, du bon, du Made in France et une touche d’audace bien marquée : la potion magique n’a finalement rien de très sorcier mais encore fallait-il y penser ! Et pour les prochaines étapes ? Donner à ce Chocolat des Français de belles ailes pour prendre un envol bien mérité !

Tablettes disponibles dans une trentaine de points de vente entre 5 et 6 €.

Casse-Noisette de Pierre Marcolini … Histoire d’une petite cuillère

CUILLÈRE . C’est l’histoire d’une petite cuillère. Celle que l’on tient dans la main, celle qui nous glisse dans l’oreille qu’elle aimerait plonger au fond d’un pot de pâte à tartiner. Celle devant qui on n’ose refuser une telle invitation. Celle à qui toute résistance est purement futile.

C’est l’histoire d’une petite cuillère qui vient de découvrir la toute dernière création de Pierre Marcolini, féeriquement appelée Casse-Noisette. Sentant l’impatience grandir, elle ne cesse de s’émoustiller à la vue de ce pot qui semble contenir bien des promesses. Elle commence par lui tourner autour et tandis qu’elle lui lance quelques regards gourmand, le pot ne résiste pas à ses clins d’œil et fini par s’ouvrir d’un simple clic. Remplie de bonheur, la petite cuillère n’attend pas une seconde de plus et plonge dans cette pâte douce, onctueuse et absolument délicieuse…

Pierre Marcolini

La suite va être difficile à raconter puisqu’il semblerait que la petite cuillère se soit perdue au fond de cette texture onctueuse composée à 60 % de noisettes du Piémont délicatement torréfiées une à une. La légende raconte que le plaisir était trop intense pour remonter à la surface et qu’elle n’avait jamais vécu une expérience pareille.

Et vous savez quoi ? Il paraîtrait que ce n’était pas seulement une légende… à moins qu’elle se soit directement rendue à la nouvelle boutique récemment ouverte au 235 rue Saint Honoré dans le 1er arrondissement à Paris pour faire le plein de provisions pour l’hiver !

Casse Noisette 
Pierre Marcolini
13, 50 € en boutiques

Nouvelle boutique
235 rue Saint Honoré
75001 Paris

Poires pochées romarin, Chocolat, Stilton : Accord parfait en saveurs majeures

ACCORD. Quel que soit l’instrument joué, les musiciens sont d’accord sur un point ; il existe pas de plus bel accord que l’accord parfait, ce mariage unique de trois notes à l’état fondamental créant une harmonie sonore parfaite. Trois notes pour sublimer la création musicale qui est en train de prendre forme, trois notes pour donner naissance à une pièce musicale si douce à nos oreilles, trois notes pour se délecter d’un mélange des plus délicieux.

De la musique à la cuisine, il n’y a qu’un mouvement, celui de réaliser le plus beaux des accords entre les saveurs et obtenir ainsi l’harmonie parfaite au moment de la dégustation. Si certaines notes peuvent créer quelques dissidences sonores, il peut en être de même pour certains ingrédients, tout du moins au premier abord.

Des poires et du romarin ; du chocolat et du Stilton… Les apparences peuvent être trompeuses mais une fois dans l’assiette, le mariage est sublime, délicat, parfaitement équilibré et dangereusement addictif. Le Stilton vient relever la robe du chocolat, à l’image de la fleur de sel présente dans le caramel ; le romarin apporte une puissance maîtrisée à la poire pochée dans un vin liquoreux à forte teneur en sucres.

Poire, Chocolat, Stilton … Trois notes à l’état fondamental, trois saveurs à la personnalité propre et un accord majeur parfait …

photo

Poires pochées au romarin, ganache chocolat-Stilton

4 poires
6 tiges de romarin
Une bouteille de vin liquoreux
Un citron coupé en quatre quartiers
200g de chocolat noir à 70%
300g de crème fraiche épaisse
100g de Stilton (ou bleu)
1 poignée de noix
Option : 4 feuilles de menthe

Peler et évider les poires. Les placer dans une casserole. Saupoudrer de romarin. Ajouter le vin et les quartiers de citron. Laisser cuire pendant 20 minutes jusque ce que les poires soient molles.
Réserver et laisser les poires mariner jusqu’à ce qu’elles refroidissent. Les placer sur du papier absorbant puis réserver au frais.
Chinoiser le liquide puis le verser dans une casserole à petite ébullition pendant 30 minutes jusqu’à obtention d’un sirop.
Mettre le four à chauffer à 200°C.
Pendant ce temps, mélanger le chocolat et la crème au bain-marie jusqu’à l’obtention d’un liquide soyeux. Ajouter 75g de Stilton et mélanger de nouveau. Réserver.
Une fois le four à température, placer les poires sur du papier cuisson et laisser rôtir pendant 15 minutes. Les sortir du four et laisser refroidir pendant 5 minutes.
Dans le fond d’une assiette creuse (à risotto de préférence ou un bol), verser une louche de ganache Chocolat-Stilton, placer une poire, puis ajouter quelques traits de sirop, quelques noix écrasées et des miettes de Stilton.
Déguster !

Chocolat… ou comment maitriser ce sacré tempérament

CHOCOLAT. On aime à le manger, le déguster mais lorsqu’il s’agit de le cuisiner ou ‘le travailler‘ comme diraient les professionnels, cela est une toute autre histoire.

Certes, gâteaux, moelleux, mousses restent assez facile d’accès pour les ménagères de moins de cinquante ans que nous sommes. Mais le plongeon dans la réalisation de desserts plus élaborés ou une mise en forme particulière requièrent quelques techniques particulières insoupçonnées au premier abord. Car si ce délicieux ingrédient a une certaine propension à faire vibrer nos papilles, sa personnalité se révèle beaucoup plus complexe au moment de l’apprivoiser. A se demander si Le Petit Prince ne serait pas passé par là.

Collage Valrhona

A défaut de rose et de Petit Prince sous la main, quelques heures à l’École du grand Chocolat Valrhona non loin de Valence permet de mieux maitriser le sujet autour d’une explication (et autres réalisations de desserts à base du même délice) de tempérage. Mais quesako ? Tout simplement LA solution pour rendre malléable cette personnalité bien trempée !

Croyez le ou non, c’est à partir de ce moment là où les cours de physique prodigués pendant toute une scolarité à douter de leur intérêt prennent enfin sens. L’esprit scientifique, jusque là particulièrement enfoui sous de nombreuses couches au grand damne d’une professeur principale de seconde, entrevoit enfin la lumière voyant une opportunité d’appliquer quelques principes dans la vie de tous les jours.

[D]Jan

Prêts ? Here we go… Le beurre de cacao (car c’est lui dont il s’agit ici) contient différents cristaux. Pour lui donner la forme voulue, toute l’opération consiste à les stabiliser, ce qui permettra une manipulation réussie tout en lui apportant cette texture lisse et brillante. La technique est alors simple mais demande un précieux allié : une sonde. Cet instrument va faciliter les sauts de température que le chocolat s’apprête à subir.

Il s’agit tout d’abord de faire fondre le chocolat noir au bain marie jusqu’à 55°C. Les plus avertis conseillent de retirer le contenant des 45°c, la température continuant à monter de toute façon. Une fois les 55 degrés atteint, la belle texture chocolatée doit redescendre le plus rapidement possible à 28°C.

Chacun applique sa technique de grand mère mais le plus simple est de soit transférer le contenant dans de l’eau contenant des glaçons soit d’ajouter le reste du chocolat encore non fondu. les plus courageux pourront également aller affronter le froid extérieur le temps de quelques tours de fouet (solution adéquate lors de vacances au ski ou pour perdre quelques calories…avant de les reprendre…).

Mais puisque le chocolat est quelque peu frileux, la dernière étape consiste à réchauffer l’atmosphère de quelques degrés – à l’aide d’un sèche cheveux par exemple – pour atteindre 32°C.

Si tout le processus a bien été suivi, le chocolat est prêt à se plier aux formes souhaitées tout en se décollant par magie quelques minutes plus tard des différents moules utilisés ou des feuilles de cuisson enroulées autour d’un tube par exemple.

Collage Chocolat

Bien évidemment, chaque chocolat ayant sa propre personnalité, les températures varient selon les types. Le chocolat blanc doit subir une chute jusqu’à 26°C pour remonter ensuite à 29°C tandis que le chocolat au lait doit descendre à 27°C puis reprendre quelques degrés jusqu’à 31°C.

Pour affiner la technique, offrez vous un cours à l’École du Grand Chocolat de Valrhona, cela vaut vraiment le déplacement.

Ensuite … place à la dégustation !

Souvenirs primitifs

Je me souviens de ces après midi passés entre cousins à réinventer le monde dans le jardin de nos grands-parents.

Je me souviens de ces moments à vivre la plus extraordinaire des aventures que nous construisons au fur et à mesure de notre imagination.

Je me souviens de notre grand-père nous construisant un théâtre de marionnettes, des trains en bois, des boîtes de rangements pour nos poupées.

Je me souviens de notre grand-mère s’assurant de notre bien-être tout au long de ces après midi à laisser l’esprit vagabonder dans les plaisirs de l’enfance.

Mais je me souviens surtout de l’heure du goûter où l’odeur des tartines grillées venaient titiller les narines en alerte. Sur la table de la salle à manger, nous les beurrions ensuite avant de les saupoudrer de poudre de cacao.

Le plus grand des petits plaisirs consistait alors à laisser la poudre fondre quelques instants au contact du beurre et de la tartine chaude avant de laisser les papilles succomber à cet instant magique.

Les années passèrent et un jour, une petite boîte blanche pris place dans la cuisine. À l’intérieur, du chocolat ‘primitif, dans sa forme la plus primaire et la plus innocente, ayant subit la moindre des altérations possible. À l’image de l’esprit d’un enfant avant que la vie ne vienne y apporter son grain de sel.

Alors, en ouvrant cette boite un dimanche après midi pluvieux, les souvenirs refirent surface. Une tranche de pain grillé, un peu de beurre, le tout saupoudré de chocolat ‘primitif’… la vie n’a pas besoin de plus parfois pour faire renaitre les rayons de soleil…

L’auteur de ce chocolat ‘primitif’, Pierre Marcolini, fut bien inspiré ce jour là, devant sa machine trois cylindres face à un tel concentré de bonheur et il ne pensait pas si bien dire en écrivant ‘une fois de plus, j’ai pu constater qu’il était essentiel de laisser les gens rêver

Merci Pierre Marcolini pour ce joli retour en enfance

Boite Chocolat Primitif
9,80 € la boîte de 140g
http://www.marcolini.be/

Crédit photo : Marcolini

Marou, chocolatiers fous

FOU. On a beau cherché, difficile de trouver un autre adjectif pour décrire Samuel Maruta et Vincent Mourou, les deux faiseurs de chocolat comme ils aiment à se définir. L’histoire ferait pâlir d’envie les scénaristes du haut de la colline du 7eme art mais c’est du côté du Vietnam, avec scooter et sac à dos que ces quelques lignes nous emmènent.

La légende raconte que ces deux énergumènes se sont rencontrés lors d’un weekend survie dans la jungle. Dès le départ, les choses présageaient un avenir…unique. Puis à force de rencontres plus ou moins fortuites dans les rues de Saigon, ces deux âmes en recherche de projet – après une situation d’expat’ pour l’un et une overdose de travail pour l’autre – décident de partir à l’aventure du…chocolat.

La filière du café était déjà très – trop – exploitée et étant tous les deux grands fans de chocolat, on s’est dit : pourquoi pas ? Certes, les quelques bières partagées ce jour là ont aidé à la décision mais c’est également ce rapport des Vietnamiens avec le monde de la nature et de la terre qui nous a orienté dans cette direction. Samuel Marou

Quelques semaines plus tard, Samuel rejoint une entreprise spécialisée dans le cacao mais alors que le mot ‘désorganisation’ semblait régner en maître dans la gestion de la dîte-société, il reprend ses affaires et emmène son acolyte Vincent pour une virée en scooter à Baria. C’est ce 1er février 2011 que la vie de ces deux passionnés prend alors enfin son sens.

Leur rencontre avec Monsieur Duc, le propriétaire de la plantation, va marquer le début de leur aventure de chocolatier du nouveau monde. Ils lui achètent alors deux kilos de fèves … sans avoir aucune idée ni technique pour les travailler.

A coup de vidéo Youtube, de four à gaz et de blender jusqu’à ce qu’il rende l’âme, ils finissent par obtenir une pâte – grumeleuse certes – mais aux arômes exceptionnels. Le chocolat Marou était né… ou presque !

Poussés par l’enthousiasme et l’excitation, les deux scientifiques fous finissent par trouver un véritable grinder via de nombreux intermédiaires et se lancent dans la production d’un kilo de chocolat à l’aide d’une petite conche.

Le tempérage est hésitant, dû à un environnement tropical, ce qui rend les choses disons… compliquées ! La décision est prise : une tempéreuse automatique fera désormais faire partie des meubles.

Esprit de challenge oblige, nos deux chocolatiers en fèves…euh, en herbe,…se rendent en mai 2011 à un salon dédié à la dite-thématique pour aller se frotter au monde des chocolatiers.

Une rencontre avec Willie Harcourt-Cooze leur apprend alors que l’utilisation d’un sucre de canne raffiné apporterait un véritable plus. Fort de ses encouragements, les compères décident d’aller lever des fonds auprès d’amis et donner un nouvel élan à cette aventure.

Fini la cuisine, direction un atelier de 300m² où sont installés les quelques outils nécessaires à la transformation des fêves en provenance des plantations de Tien Giang, Ben Tre, Baria et Dông Nai.

Les uns après les autres, les hôtels de luxe tombent amoureux de ces tablettes pleines de puissance et d’arôme rarement rencontrés chez les chocolatiers européens.

Alors on pourrait croire que le prélude d’une belle histoire s’arrête là…mais non ! Même du côté du packaging, l’anecdote vaut le détour. Le brief était simple : “An award-winning packaging” sinon rien.

Lignes obliques, motifs mélant modernité et touche vietnamienne, impression feuille par feuille, l’équipe de choc travaille avec une agence créative qui plonge corps et crayons dans les idées les plus folles.

Même le magazine Wall Paper succombe à ce magnifique design et souhaite le faire découvrir à ses clients lors d’une exposition à Milan. Alors, au lieu de faire parvenir une de leurs tablettes existantes, les fous furieux se lance un nouveau défi : une édition limitée à la fois en terme de design mais également d’ârôme.

Le résultat : un packaging tout en relief, sur lequel est inscrit Wall Paper. A l’intérieur, une bombe chocolatée à 80% de cacao qui oscille entre pain d’épice, miel, cannelle. Effet addictif immédiat et garanti !

Aujourd’hui, la petite entreprise qui ne connait pas la crise produit 8 tablettes par semaine, avec un objectif de 3000 d’ici la fin de l’année pour être à l’équilibre.

Si les ventes sont principalement réalisées auprès d’entreprises et du monde de l’hotellerie locale, on attend avec impatience qu’une marque de la distribution haut de gamme donne aux chocolats Marou toute la visibilité qu’il mérite.

Comment vous définiriez-vous ?

Les Indiana Jones du chocolat, les aventuriers du cacaotier perdu

Comment définiriez-vous votre relation avec le chocolat ?

Décomplexée ! Dès le départ, nous avons appréhender ce monde comme une véritable découverte enrichissante, via des expérimentations dans la cuisine et sur Youtube.

Un jour sans chocolat, c’est quoi ?

Une journée de récupération ! Après cette journée, on trouve encore plus de plaisir à en remanger.

Le moment parfait pour déguster un morceau de chocolat ?

En fin d’après midi avec un verre de vin, comme le cérémonial de l’apéro.

Votre moment le plus intime avec un carré de chocolat ?

Quand on réalise un nouveau batch de chocolat et que l’on décide qu’il est digne d’être mis en tablette. Nous misons tellement mise sur la qualité que nous ne pouvons pas nous permettre de se rater. Chaque sac de cacao recelle un goût diffèrent et ce moment de suspense juste avant la dégustation est presque jouissif !

Le dernier carré de chocolat, il sera où ?

Il se mange mais ne se rend pas.

Votre conseil pour les accros du chocolat ?

De la modération… pas plus d’un kilo par jour.

Marou Chocolat
www.marouchocolate.com
@SamuelMaruta
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