Yummy Nouvelle Orléans – Part 1

NOUVELLE ORLÉANS. Le pied à peine posé sur le tarmac, la moiteur du Sud des États-Unis vient envahir les corps des passagers au long cours qui viennent d’arriver à destination. On s’attend à quelques notes de jazz dès l’arrivée mais c’est au bruit des taxis que l’entrée dans la ville se fera. Adresse AirBnB trouvée, bagages déposés, jetlag remis au lendemain, l’immersion peut commencer.

Le French Quarter dévoile ses maisons de bois, ses chaises à bascule posées, signe d’une vie de terrasse où le temps s’écoule à regarder les passants et la vie de quartier. En chemin vers le quartier de Marigny, on y croise des maisons plus belles que les autres.. Difficile de croire que dix ans plus tôt, une certaine agitation de la nature avait tout emporté sur son passage. Première prise culinaire avec les Etats-Unis oblige, un arrêt au restaurant barbecue du coin s’impose.

The Joint ne paie pas de mine mais fait partie des incontournables locaux pour se lécher les babines avec les Ribs et autre Pulled Pork Sandwiches réalisés sur place. Servis avec des Mac&Cheese, du Coleslaw, une salade de pomme de terre ou des beans, difficile de faire plus local comme entrée en matière.

The Joint

Pete & Jenny, les propriétaires du lieu ont une règle d’or : pas question de s’impatienter, ici on cuisine frais et sur le grill, au rythme donné par le barbecue. Point de proportions gardées, le pays de l’oncle Sam a fait fi des petits estomacs depuis longtemps.

Cela tombe bien, la prochaine étape est à la balade digestive pour se rendre à Bacchanal Wine, sorte de paradis sur terre pour les amoureux du vin et du jazz. On entre par un Wine Shop où tous les vins du monde entier attendent patiemment d’être dégustés.

Puis en poussant la porte du fond, on découvre un grand jardin éclairé de lampion où la vingtaine de table accueillent les groupes d’amis venus déguster la cuisine de Joaquim Rodas, découvrir la sélection des vins tout en écoutant les groupes qui viennent jouer en live tous les soirs. L’assiette est généreuse, swinguant de plats traditionnels cajun à des planches de fromage et charcuterie.

Café du monde

Le lendemain, les victimes du jetlag ont le réveil matinal et c’est tout à l’honneur du Café du Monde qui ouvre ses portes – ou plutôt ne les ferme jamais – pour accueillir les yeux encore engourdis avec leur très populaires beignets et café. La queue qui se forme devant la grande bâtisse secondée d’une terrasse bâchée pourrait en décourager plus d’un, synonyme d’un attrape-touriste à plein nez.

Mais les apparences sont ici trompeuses car une fois la première bouchée du beignet avalée, c’est un sourire tout enfariné du sucre glace recouvrant la mythique pâtisserie qui se forme sur les visages. C’est croquant à la surface, moelleux et généreux à l’intérieur. On en redemande !

French Quater

La matinée est ensuite consommée à déambuler dans le French Quarter : Royal Street, Bourbon street, Chartres Street, Conti Street… Difficile de faire l’impasse sur ce quartier qui a fait la réputation de la Nouvelle Orléans. On sent l’influence touristiques de ces rues où règne une liberté de vivre, de boire, de consommer, bref tout simplement d’être sans être jugé dans une américaine parfois très – trop ? – puritaine.

Pourtant, si l’on parle de French Quarter, l’architecture ne fait pas le moine puisque les traditionnelles maisons en bois n’ont rien de très français. C’est plutôt l’influence espagnole qui l’emporte. Suite à un grand incendie, le quartier fut reconstruit au moment de la grande époque espagnole et l’architecture est restée.

New Orleans

Les français en mal du pays ne sont pas en reste puisque la langue de Molière est présente à tous les coins de rue, sur les devantures des magasins, sur les menus des restaurants, etc. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, ici on dit Charters et non pas Chartres, malgré l’orthographe correcte de ce dernier.

C’est sur un vélo que la pause déjeuner et une bonne partie de l’après-midi se déroulent. Sur les conseils du magazine local, direction le Culinary Food Tour organisé par la Confederacy of Cruisers. Un vélo, un guide et on part à la découverte du paysage culinaire de la Nouvelle Orléans et ce qui rend cette cuisine aux influences créoles et cajun si unique.

Bennachin

Premier arrêt chez Bennachin. Un des premiers ports autour de l’esclavage, la Nouvelle Orléans compte une grande communauté d’africains qui ont amené avec eux leurs spécialités. Aujourd’hui encore, la cuisine africaine forme une grande partie de l’héritage culinaire de la ville. Fait partie des restaurants qui ont obtenu le St Graal pour nourrir les milliers de bouches qui se rendent chaque année au Jazz Festival qui a lieu début mai.

Liuzzan

Plantains dégustés, les Flat Tire Bikes reprennent du service pour se rendre au Nord de la ville, en dehors des sentiers battus, chez Liuzza. Cela ressemble à un bar américain sans prétention mais on y mange un excellent Gumbo et un tout aussi bon étouffé.

Parkway

Retour sur la route pour aller chez Parkway, à quelques coups de pédales plus au Nord, en plein bayou. Ici, la spécialité c’est le PoBoy, contraction sudiste de Poor Boy, ces garçons travaillant à l’usine du coin pour qui le propriétaire des lieux de l’époque avait eu l’idée de proposer des sandwichs garnis de produits locaux, crustacés et poisson en particulier, dans un pain cuit dans le four.

Ce sandwich est aujourd’hui inscrit sur la plupart des menus des adresses de la ville. Si la garniture est laissée à la créativité de chaque chef et cuisinier, c’est la qualité du pain qui fait la réussite de ce sandwich.

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Tout en croquant à pleine dent dans un PoBoy aux généreuses crevettes locales, la guide revient sur Katrina, trémolo dans la voix et les yeux humides. Elle qui a pu partir en pleine nuit avant l’arrivée de la tempête, elle raconte comment l’ouragan et la montée naturelle des eaux se sont transformés en un mini-tsunami à cause d’une barque qui est venue s’échouer le long de la digue, créant un barrage naturel pour l’eau qui s’est déchaînée dessus.

Un peu plus tard, un chauffeur de taxi expliquera que la dite-barge fut placée là délibérément par les autorités, pour sauver une partie de la ville quitte à en sacrifier les quartiers les plus pauvres. Dix ans après, la vérité n’est toujours pas établie et ne le sera probablement jamais mais les habitants en resteront marqués, comme ces photos de la catastrophe que le chauffeur ne quitte jamais.

Il est et restera toujours difficile de réaliser réellement ce qui s’est passé, ce que les gens ont vécu mais une chose est sûre : la ville en est sortie grandie, fière, et les habitants sont devenus encore plus solidaires et ouverts aux autres. Cela se sent à chaque instant : les gens se parlent entre eux, n’ont aucune crainte à aborder leur voisin et entament une conversation comme de vieux amis qui s’étaient quittés la veille.

Gelato

Ce road trip à deux roues se termine chez Angelo Brocato pour y déguster un des nombreux parfums de glace ou encore des cannellonis de cette maison italienne. L’adresse est si couru par les locaux que le jour de sa réouverture quelques mois seulement après Katrina, une queue de plusieurs mètres s’était formée sur le trottoir. Le retour se fait l’estomac plein mais l’esprit heureux de s’être nourri de cette ville, de son héritage culturel, culinaire et historique.

Bellocq

L’après-midi touche à sa fin et après un dernier tour dans Frenchmen Street à écouter les premières notes qui émanent des bars de Jazz, direction l’Ouest de la ville pour un verre chez Bellocq, en plein Warehouse District.

C’est sous un déluge torrentiel et l’eau jusqu’aux mollets que les âmes affamées arrivent ensuite chez Pêche, qui vient tout juste de recevoir la distinction du Meilleur Nouveau Restaurant. Au même moment, l’alerte pour risque d’inondations est donnée mais peu importe, la ville en a vu d’autres…

Peche

Carnivore s’abstenir, poissons et crustacés ont désormais leur temple comme l’indique le nom du restaurant. C’est grand, bruyant – très bruyant – mais comme on dit par ici : “it’s F*** Damned good!”. Le festin commence par une assiette de la mer : crevettes généreuses, huîtres riches et opulentes à se damner, Ceviche, salade de poulpe et rillettes de thon divines ! Pour continuer, c’est au tour de l’écrevisse – Crawfish dans le texte – et de l’Ombrine – Drum – de faire leur apparition sur la table. Servi dans une sauce aux saveurs cajun pour l’un et au four pour l’autre, les papilles se régalent de ces nouvelles saveurs absolument délicieuses.

Peche food

Les becs sucrés ne résistent pas à l’appel du dessert mais lorsque les assiettes de gâteau au caramel arrivent, c’est un rappel à l’ordre immédiat : Bienvenu au pays de la démesure ! Les portions sont gigantesques et il faut plusieurs bonnes âmes pour venir – presque – à bout de ces pâtisseries taille XXL.

Dehors, la tempête continue à faire parler d’elle, les taxis se font rares et les filles ont depuis longtemps abandonnées leurs chaussures pour marcher pied nus sous les parapluies de fortune. Peu importe, la pêche était bonne et la Nouvelle Orléans a encore bien des secrets à dévoiler.

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