Pâques russe – Une vie de Pintade à Moscou

PÂQUES. Des chocolats, des œufs, des lapins, des cloches… Bref, du cliché en papier mâché enrubanné de bonheur. Concept très judo-chrétien dans toute sa splendeur où tout a chacun pêche dans la gourmandise sans retenue.

Pintades et poulettes, variétés en vogue à cette période de l’année, reviennent sur le devant de la scène pour célébrer ce moment de faste que nos religions délectent. C’est du côté de Moscou que les pintades ont installé leur basse-cour, le temps d’un plongeon au cœur du quotidien des femmes moscovites.

Journaliste vivant à Moscou et auteur d’Une vie de Pintade à Moscou, Madeleine Leroyer s’est rendue compte au cours de conversations de ce paradoxe très fort entre les femmes généreuses et le cliché de sa version pulpeuse exagérément apprêtée.

On découvre à travers les lignes que cette image de la blonde pimbêche n’est pas aussi futile qu’on le croit. Au contraire, cet usage de la féminité et de leur image est leur façon de pouvoir s’imposer dans la société et se faire valoir. En parallèle, on sent parmi les babouchka ce souhait d’accéder à la futilité et sortir de ce carcans de l’image maternelle et familiale dans laquelle elles se trouvent.

Et la Pâques tant tout ça ? À l’image de ces femmes justement. Une explosion de saveurs et de folie après la fin de l’hiver, qui se traduit dans le Koulitch, cette brioche que l’on consomme après le long jeune. Ce gâteau orne les belles tables de pâques, chez les pratiquants comme chez les autres.

Les restaurants et les magazines jouent également cette carte du jeune en proposant des menus et des idées recettes autour du carême : absence de nourriture d’origine animale, présence de pommes de terre, de gretchka et autre nourriture de pénitence.

Une fois venu le moment de rompre cette privation, les plus fervents regroupent dans un panier Koulitch, œufs décorés et pyramide de fromages frais qu’il font bénir, avant la dégustation.

Alors, quand sonnent les cloches annonçant la fin d’une messe longue de trois heures, l’heure est à la fête et au partage dans sa plus grande exagération. Qu’importe le lendemain.

Une Vie de Pintade à Moscou, huitième ouvrage d’une collection qui raconte les villes du monde à travers leurs habitantes, est un grand cri du cœur pour Moscou.  par un pays et une ville qui effraie. Dynamisme et créativité qui est génial. Ville qui prend et qui effraie comme l’explique son auteur mais qui par sa créativité et son dynamisme donne aussi beaucoup. Car après tout, c’est aussi ça le concept pascal.

Koulitch – 3 à 4 koulitchi de taille moyenne (15 à 20 parts)

Le levain
200 g de farine
40 cl de lait frais
50 g de levure de boulanger 20 g de sucre

La pâte
700 g de farine
300 g de beurre doux
225 g de sucre
12 jaunes
150 – 200 g de raisins secs
Le zeste dʼun citron
5 g de sel
50 ml de rhum brun ou cognac
Epices :
Les graines de 2 gousses de vanille Une cuillère à café de cannelle en poudre
Une demi cuillère de noix de muscade en poudre
4 brins de safran.

Le glaçage
1 blanc d’oeuf
250 g de sucre glace
1 cuillère à café de jus de citron

La décoration
Fruits secs, fruits confits, vermicelles de pâtisserie, bonbons argentés etc.
4 moules cylindriques à bords hauts et d’un diamètre de 10-12 cm
Papier sulfurisé

Le tip des Pintades moscovites: préchauffez le four à 200° pour augmenter la température dans la pièce quand vous laisserez reposer le levain puis la pâte, sur le plan de travail près du four.

1. Préparation du levain
Dans une casserole à hauts bords, faites tiédir le lait (comme pour un biberon), émiettez la levure, mélangez, incorporez la farine et le sucre. Retirez du feu. Couvrez avec un torchon propre et laissez monter à température ambiante pendant 15-20 minutes.

2. Préparation de la pâte.
Faites tremper les raisins et le zeste de citron dans le rhum. Réservez. Tamisez soigneusement la farine.
Dans une grande casserole, fouettez le beurre et le sucre en ajoutant les jaunes un à un (chaque jaune doit être bien mélangé avant d’introduire le suivant). Ajoutez toutes les épices et le sel.
Incorporez progressivement la farine puis le levain. Pétrissez jusqu’à ce que la pâte se décolle légèrement des bords de la casserole. Mettez un peu de beurre ou d’huile végétale sur vos mains pour faciliter le pétrissage. Laissez reposer 30-40 minutes à température ambiante.
Egouttez puis incorporez les raisins et le zeste. Pétrissez de nouveau.
Laissez encore reposer 20 minutes. La pâte doit avoir doublé de volume (c’est LE secret de la réussite).
Tapissez les moules de papier sulfurisé. Remplissez-les au tiers.
Enfournez à 200°C pendant 15 minutes puis à 180°C pendant 45 minutes (sur la plaque du bas pour éviter que la pâte ne touche le haut du four en gonflant). Surveillez attentivement la cuisson, en piquant avec un couteau qui doit ressortir propre et sec.

3. Le glaçage
Laissez refroidir les koulitchi. Préparez le glaçage en incorporant le sucre glace et le jus de citron au blanc d’oeuf battu en neige. Réservez le glaçage au frais. Démoulez les koulitchi, nappez leur sommet avec le glaçage puis décorez-les avec les fruits confits et autres vermicelles.

Une vie de Pintade à Moscou
ÉditionCalmann-Levy
Atelier réalisé chez Colette

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