Yummy Nouvelle Orléans – Part 3

NOUVELLE ORLEANS, day 3. Si le French Quarter offre une ambiance, il en est tout autre du Riverwalk qui offre une quiétude balade le long du Mississippi, cette rivière rendue notamment célèbre par ses bateaux mouches.

Riverwalk

Le dernier toujours en service se trouve d’ailleurs le long de cette promenade des anglais version outre-Atlantique qui embarque avec lui son flot de passagers quotidiens.

Muffuletta

À l’est, le French Market, qui a depuis longtemps perdu sa connotation bleu-blanc-rouge au profit des vendeurs de souvenirs et des Food Stalls, est l’occasion d’aller déguster une autre des spécialités du coin : la Muffuletta.

Importé par les immigrants italiens, ce sandwich est composé de deux grands morceaux de pain, d’une salade d’olive, de tranches de mortadelle, de salami, jambon ainsi que de mozzarella et de provolone, le tout servi chaud. Bref, l’Italie à sous perfusion américaine !

Warhouse District

Au bout du Riverwalk, le Warehouse District commence à faire son apparition sous forme de bâtiments d’a peine deux étages, aux couleurs uniforme. Gris pour l’un, bleu pour l’autre. Ici, c’est le monde des arts et du design qui prône, comme le montre l’enfilade de galeries où les artistes viennent exposer leurs dernières œuvres. On est loin de l’agitation du French Quarter, ici c’est une autre sorte de créativité qui s’exprime.

Erin Rose

L’appel de l’estomac se faisant entendre, direction Erin Rose, un pub irlandais ne payant pas de mine au premier abord mais dont la salle du fond révèle une cuisine proposant des PoBoy à faire grimper les papilles au plafond ! Le pain est croquant à souhait et tendre à l’intérieur, les crevettes particulièrement bien assaisonnées et tout en chaire, accompagnées d’herbes et de carottes râpées. La création du jour, à base d’agneau, de coriandre, de sauce tatsiki à la menthe et d’épices, est tout simplement à se damner ! C’est délicieux, frais, orgasmique… Bref, le PoBoy a encore de beaux jours devant lui chez Erin Rose.

Musician
Le séjour touche à sa fin mais avant de repartir vers de nouvelles aventures, il ne serait point de Nouvelle Orléans sans son moment musical. Au détour d’une rue, des airs de clarinette, de trombones, de trompette, de batterie et de guitare viennent remplir l’atmosphère. La joueuse de clarinette entame un solo à couper le souffle des touristes bouche-bées. C’est ensuite au tour du joueur de trombone de s’exprimer et de jouer avec et pour le public.

Les pieds ne peuvent s’empêcher de battre la mesure tandis que les mains en font de même. Les sourires se posent sur les lèvres, la musique envahit les cœurs de la foule…. Le charme de Nouvelle Orléans aura une fois de plus réussit son tour de passe-passe…

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Yummy Nouvelle Orléans – Part 2

NOUVELLE ORLEANS – DAY 2. Influence française oblige, direction Le Croissant d’Or aux premières lueurs du jour aux températures déjà bien présentes pour aller voir de quoi les américains sont capable en terme de viennoiseries.

Croissant d'or

Certes, on n’échappe à la touche “calories are my friends” avec ce croissant garni de jambon et brocoli, le tout recouvert de béchamel mais la version nature plus en phase avec nos papilles européenne se défend pas trop mal, malgré une légère couche de gras qui reste sur les doigts.

Park

Café à la main, c’est l’occasion de remonter jusqu’au parc Louis Amstrong qui, comme son nom l’indique, est dédié à l’un des plus grand jazzmen de tous les temps. Un peu plus loin, le buste de Simon Bechet fait également partie du décor tandis qu’un Marching Band en cuivre marque l’entrée du parc.

Collage Cimetière 1

À quelques encablures de là, le cimetière #1 fait partie du traditionnel passage obligé pour les touristes, à la recherche de cette culture des morts et des Voodoo que les habitants de la Nouvelle Orléans aiment à entretenir. Chacun déambule entre les tombes et les groupes qui écoutent patiemment leur guide donner des explications sur les pierres tombales les plus significatives de ce lieu. Même Nicolas Cage y a déjà fait gravir son mausolée, en forme de pyramide mal inspirée.

Derrière le cimetière,  dans le quartier de Treme l’atmosphère devient pesante face aux enfilades d’immeubles à caractère social qui n’ont pas connu de réhabilitation depuis le passage de Katrina. Les portes et les fenêtres ont été démantelées pour qu’aucun occupant ne puisse revenir.

Treme

Une manière de faire le vide dans la ville ? De chasser les populations les plus pauvres loin du centre et des touristes ? On ne peut s’empêcher de penser à l’injustice rageuse que cette situation provoque et les laissés pour compte qui ont été forcés à tout abandonner.

Canal Street

Deux blocks plus loin, voici sur Canal Street et son flot de voiture sous le regard figé des gratte-ciels américains. Après le touristique French Quarter, place à une ville sous un autre visage, plus moderne cette fois. Le tramway, que l’on nommait autrefois Désir emmène la foule vers le Garden District où la bataille de la plus belle et la plus grande maison fait rage.

Cimetière District Garden

À quelques mètres de l’arrêt Washington Street se tient le cimetière pour une nouvelle plongée dans cet univers ‘hanté’ tellement populaire que certains tours touristiques en ont fait leur spécialité. True Blood et autres séries du même acabit ne s’y sont pas trompées.

En face de l’entrée du cimetière, les voitures vont et viennent pour déposer homme et femmes affrétés pour aller déjeuner chez The Commander’s Place, élu 33e meilleur restaurant américain. Ici, pas de short ni t-shirt, on prône la bienséance dans une atmosphère tirée à quatre épingles où les serveurs s’amusent encore à soulever les cloches au moment de présenter le plat dans l’assiette.

Coop's

Mais point de réservation en vue et c’est en ville que le déjeuner aura lieu, chez Coop’s plus précisément. Situé sur l’une des rues les plus touristiques du French Quarter, Deccatur Street, ce bar restaurant ne paie pas de mine et pourtant, son Jambalaya en a fait écrire plus d’un. Ce plat typique de la Nouvelle Orléans réunit riz, crevettes, viandes et épices dans une seule et même assiette, sorte de paella aux saveurs créoles.

Coop's 2

Une après-midi à la Nouvelle Orléans ne serait pas complète sans son lot de cocktails dans une ville où il est encore possible de se promener en ville un verre à la main, contrairement au reste des États-Unis. Cette liberté, les américains l’ont bien compris et la proportion d’enterrement de vie de jeunes filles et de jeunes garçons ont sont le parfait exemple.

Monteleone Premier arrêt au bar du Monteleone. Si l’on a tous connu le manège avec ses petits chevaux, la Nouvelle Orléans a inventé le Manège à Cocktail. Ce bar tourne sur lui-même, à la vitesse d’un escargot tout de même, tandis que les convives sont assis sur des sièges qui font le tour de ce carrousel pour adultes.

Nous sommes tous de grands enfants après tout … surtout avec un Hurricane à la main ! Ce cocktail fut créé par Pat O’Brien avec les ingrédients qu’il avait de disponibles pour assouvir les touristes assoiffés. Le bar original existe encore, où deux grands pianos sont là pour divertir les foules en mal de chansons populaires américaines.

Old absinthe bar

Autre lieu incontournable, le Old Absinthe Bar est dédié à la dite-boisson. Point d’interdiction ici, le menu présente une sélection d’absinthe, en provenance de différents pays. La serveuse, qui semble faire partie des murs, enchaîne les verres et le coup de briquet sur le morceau de sucre posé sur une cuillère à trous. Au fond se trouve une salle de restaurant en contraste avec les milliers de cartes de visite épinglées au mur et les casques de football américain pendant au plafond du bar.

French 75

Le French Quarter ne serait être français sans son bar tout simplement appelé … French 75. Des bulles bien sûr cette fois-ci accompagnées de gin et citron. Une ambiance beaucoup plus feutrée et classique en accord avec le tuxedo des serveurs.

Sobou

Last but not least, Sobou sur Chartres Street présente un bar et un restaurant dans une décoration beaucoup plus contemporaine. En revanche, côté cocktail, la créativité est au rendez-vous notamment avec ce Death & Glory créé par la serveuse aux bras multi- tatoués et la crinière rouge.

Cochon

La journée se termine chez Cochon, LE restaurant recommandé par toutes les bouches de foodie, en pleine Warehouse District, le quartier Hype de la Nouvelle Orléans. C’est bruyant, c’est grand, le service est  (trop) rapide mais les papilles se régalent !

Cochon 2

Des huîtres de la taille d’une main parfaitement assaisonnés aux piments du Sud, un Gumbo de fruits de mer à en faire oublier les plages bretonnes, des ravioles au lapin tendre à souhait. Côté dessert, l’amérique ne fait pas dans le semblant, même jusque dans les cuisines avec ce Carrot Cake et son glaçage à la noix de coco. Le Doggy Bag sera plus que nécessaire.

A la Nouvelle Orléans, point de balade mais un concert digestif au Spotted Cat sur Frenchmen Street … Rien de tel qu’un petit déhanché et les pieds qui marquent le rythme pour terminer cette journée.

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Yummy Nouvelle Orléans – Part 1

NOUVELLE ORLÉANS. Le pied à peine posé sur le tarmac, la moiteur du Sud des États-Unis vient envahir les corps des passagers au long cours qui viennent d’arriver à destination. On s’attend à quelques notes de jazz dès l’arrivée mais c’est au bruit des taxis que l’entrée dans la ville se fera. Adresse AirBnB trouvée, bagages déposés, jetlag remis au lendemain, l’immersion peut commencer.

Le French Quarter dévoile ses maisons de bois, ses chaises à bascule posées, signe d’une vie de terrasse où le temps s’écoule à regarder les passants et la vie de quartier. En chemin vers le quartier de Marigny, on y croise des maisons plus belles que les autres.. Difficile de croire que dix ans plus tôt, une certaine agitation de la nature avait tout emporté sur son passage. Première prise culinaire avec les Etats-Unis oblige, un arrêt au restaurant barbecue du coin s’impose.

The Joint ne paie pas de mine mais fait partie des incontournables locaux pour se lécher les babines avec les Ribs et autre Pulled Pork Sandwiches réalisés sur place. Servis avec des Mac&Cheese, du Coleslaw, une salade de pomme de terre ou des beans, difficile de faire plus local comme entrée en matière.

The Joint

Pete & Jenny, les propriétaires du lieu ont une règle d’or : pas question de s’impatienter, ici on cuisine frais et sur le grill, au rythme donné par le barbecue. Point de proportions gardées, le pays de l’oncle Sam a fait fi des petits estomacs depuis longtemps.

Cela tombe bien, la prochaine étape est à la balade digestive pour se rendre à Bacchanal Wine, sorte de paradis sur terre pour les amoureux du vin et du jazz. On entre par un Wine Shop où tous les vins du monde entier attendent patiemment d’être dégustés.

Puis en poussant la porte du fond, on découvre un grand jardin éclairé de lampion où la vingtaine de table accueillent les groupes d’amis venus déguster la cuisine de Joaquim Rodas, découvrir la sélection des vins tout en écoutant les groupes qui viennent jouer en live tous les soirs. L’assiette est généreuse, swinguant de plats traditionnels cajun à des planches de fromage et charcuterie.

Café du monde

Le lendemain, les victimes du jetlag ont le réveil matinal et c’est tout à l’honneur du Café du Monde qui ouvre ses portes – ou plutôt ne les ferme jamais – pour accueillir les yeux encore engourdis avec leur très populaires beignets et café. La queue qui se forme devant la grande bâtisse secondée d’une terrasse bâchée pourrait en décourager plus d’un, synonyme d’un attrape-touriste à plein nez.

Mais les apparences sont ici trompeuses car une fois la première bouchée du beignet avalée, c’est un sourire tout enfariné du sucre glace recouvrant la mythique pâtisserie qui se forme sur les visages. C’est croquant à la surface, moelleux et généreux à l’intérieur. On en redemande !

French Quater

La matinée est ensuite consommée à déambuler dans le French Quarter : Royal Street, Bourbon street, Chartres Street, Conti Street… Difficile de faire l’impasse sur ce quartier qui a fait la réputation de la Nouvelle Orléans. On sent l’influence touristiques de ces rues où règne une liberté de vivre, de boire, de consommer, bref tout simplement d’être sans être jugé dans une américaine parfois très – trop ? – puritaine.

Pourtant, si l’on parle de French Quarter, l’architecture ne fait pas le moine puisque les traditionnelles maisons en bois n’ont rien de très français. C’est plutôt l’influence espagnole qui l’emporte. Suite à un grand incendie, le quartier fut reconstruit au moment de la grande époque espagnole et l’architecture est restée.

New Orleans

Les français en mal du pays ne sont pas en reste puisque la langue de Molière est présente à tous les coins de rue, sur les devantures des magasins, sur les menus des restaurants, etc. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, ici on dit Charters et non pas Chartres, malgré l’orthographe correcte de ce dernier.

C’est sur un vélo que la pause déjeuner et une bonne partie de l’après-midi se déroulent. Sur les conseils du magazine local, direction le Culinary Food Tour organisé par la Confederacy of Cruisers. Un vélo, un guide et on part à la découverte du paysage culinaire de la Nouvelle Orléans et ce qui rend cette cuisine aux influences créoles et cajun si unique.

Bennachin

Premier arrêt chez Bennachin. Un des premiers ports autour de l’esclavage, la Nouvelle Orléans compte une grande communauté d’africains qui ont amené avec eux leurs spécialités. Aujourd’hui encore, la cuisine africaine forme une grande partie de l’héritage culinaire de la ville. Fait partie des restaurants qui ont obtenu le St Graal pour nourrir les milliers de bouches qui se rendent chaque année au Jazz Festival qui a lieu début mai.

Liuzzan

Plantains dégustés, les Flat Tire Bikes reprennent du service pour se rendre au Nord de la ville, en dehors des sentiers battus, chez Liuzza. Cela ressemble à un bar américain sans prétention mais on y mange un excellent Gumbo et un tout aussi bon étouffé.

Parkway

Retour sur la route pour aller chez Parkway, à quelques coups de pédales plus au Nord, en plein bayou. Ici, la spécialité c’est le PoBoy, contraction sudiste de Poor Boy, ces garçons travaillant à l’usine du coin pour qui le propriétaire des lieux de l’époque avait eu l’idée de proposer des sandwichs garnis de produits locaux, crustacés et poisson en particulier, dans un pain cuit dans le four.

Ce sandwich est aujourd’hui inscrit sur la plupart des menus des adresses de la ville. Si la garniture est laissée à la créativité de chaque chef et cuisinier, c’est la qualité du pain qui fait la réussite de ce sandwich.

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Tout en croquant à pleine dent dans un PoBoy aux généreuses crevettes locales, la guide revient sur Katrina, trémolo dans la voix et les yeux humides. Elle qui a pu partir en pleine nuit avant l’arrivée de la tempête, elle raconte comment l’ouragan et la montée naturelle des eaux se sont transformés en un mini-tsunami à cause d’une barque qui est venue s’échouer le long de la digue, créant un barrage naturel pour l’eau qui s’est déchaînée dessus.

Un peu plus tard, un chauffeur de taxi expliquera que la dite-barge fut placée là délibérément par les autorités, pour sauver une partie de la ville quitte à en sacrifier les quartiers les plus pauvres. Dix ans après, la vérité n’est toujours pas établie et ne le sera probablement jamais mais les habitants en resteront marqués, comme ces photos de la catastrophe que le chauffeur ne quitte jamais.

Il est et restera toujours difficile de réaliser réellement ce qui s’est passé, ce que les gens ont vécu mais une chose est sûre : la ville en est sortie grandie, fière, et les habitants sont devenus encore plus solidaires et ouverts aux autres. Cela se sent à chaque instant : les gens se parlent entre eux, n’ont aucune crainte à aborder leur voisin et entament une conversation comme de vieux amis qui s’étaient quittés la veille.

Gelato

Ce road trip à deux roues se termine chez Angelo Brocato pour y déguster un des nombreux parfums de glace ou encore des cannellonis de cette maison italienne. L’adresse est si couru par les locaux que le jour de sa réouverture quelques mois seulement après Katrina, une queue de plusieurs mètres s’était formée sur le trottoir. Le retour se fait l’estomac plein mais l’esprit heureux de s’être nourri de cette ville, de son héritage culturel, culinaire et historique.

Bellocq

L’après-midi touche à sa fin et après un dernier tour dans Frenchmen Street à écouter les premières notes qui émanent des bars de Jazz, direction l’Ouest de la ville pour un verre chez Bellocq, en plein Warehouse District.

C’est sous un déluge torrentiel et l’eau jusqu’aux mollets que les âmes affamées arrivent ensuite chez Pêche, qui vient tout juste de recevoir la distinction du Meilleur Nouveau Restaurant. Au même moment, l’alerte pour risque d’inondations est donnée mais peu importe, la ville en a vu d’autres…

Peche

Carnivore s’abstenir, poissons et crustacés ont désormais leur temple comme l’indique le nom du restaurant. C’est grand, bruyant – très bruyant – mais comme on dit par ici : “it’s F*** Damned good!”. Le festin commence par une assiette de la mer : crevettes généreuses, huîtres riches et opulentes à se damner, Ceviche, salade de poulpe et rillettes de thon divines ! Pour continuer, c’est au tour de l’écrevisse – Crawfish dans le texte – et de l’Ombrine – Drum – de faire leur apparition sur la table. Servi dans une sauce aux saveurs cajun pour l’un et au four pour l’autre, les papilles se régalent de ces nouvelles saveurs absolument délicieuses.

Peche food

Les becs sucrés ne résistent pas à l’appel du dessert mais lorsque les assiettes de gâteau au caramel arrivent, c’est un rappel à l’ordre immédiat : Bienvenu au pays de la démesure ! Les portions sont gigantesques et il faut plusieurs bonnes âmes pour venir – presque – à bout de ces pâtisseries taille XXL.

Dehors, la tempête continue à faire parler d’elle, les taxis se font rares et les filles ont depuis longtemps abandonnées leurs chaussures pour marcher pied nus sous les parapluies de fortune. Peu importe, la pêche était bonne et la Nouvelle Orléans a encore bien des secrets à dévoiler.

Chowzter Awards : Un Falafel en As !

PRIX. Il y a le Guide Michelin, la version Gault et Millau, Lebey, Pudlow et autres consorts ainsi que le décrié et tout aussi adulé classement du World’s 50 Best Restaurants

Et puis il y a une joyeuse bande de passionnés, 65 pour être précis, qui, en digne représentants de leur ville, leur pays, arpentent les rues et les adresses souvent loin du Food-System à la recherche du meilleur “Fast-Feast” : ce plat que l’on mange au coin de la rue, celui qui fait vibrer les papilles le temps de quelques minutes à peine, celui que l’on ne trouverait pas dans un grand restaurant mais qui a ce don de nous faire grimper au plafond.

Point de Fast-food ici mais plutôt de plats réalisés sur place, avec des produits frais et locaux pour lesquels on serait prêt à faire quelques stations de métro, une heure d’attente et repartir les babines heureuses.

Ces drôles de drilles, ce sont les Chowzters, présents dans 90 pays et 150 villes à travers le monde qui sont les humbles représentants d’une autre gastronomie, celle qui se joue loin des nuits étoilées, des nappes blanches ou de la bistronomie ambiante. Pas de prétention particulière, juste l’idée un jour de faire confiance à des passionnés à travers le monde et de choisir une personne dans (bientôt) toutes les plus grandes villes du monde qui viendrait participer à ce grand mouvement.

Chowzter

De Hanoï, à Rio en passant par Istanbul ou encore Philadelphie, chacun répertorie ses plats préférés du moment, en poussant les portes des adresses qui ne paient pas de mine, petits établissements aux grandes saveurs ou encore marchés aux recettes insoupçonnées.

Pour la deuxième année consécutive, ce beau petit monde s’est réunit à Londres le temps d’un week-end pour aller se délecter les papilles à Borough et Broadway Marketparticiper à un Steak Symposium, débattre autour d’un Fish & Chips, et enfin participer fébrilement à la cérémonie de remise des prix.

 

A Paris, c’est l’As du Falafel qui a remporté la catégorie ‘Végétarien‘ tandis que Chez Long, situé dans la ville de Lima se glisse tout en haut du classement pour son Ceviche qui, d’après Martin Morales, chef du restaurant Ceviche à Londres, reste comme sa plus belle expérience orgasmique culinaire ..

La cuisine Péruvienne, voici quelques années qu’on parle d’elle. Elle arrive sans crier garde sur la scène internationale mais préparez-vous à y prendre goût, c’est la prochaine grande influence culinaire à suivre …

Pour découvrir l’ensemble du classement Chowzter et savoir où aller trouver le meilleur plat à Bogota, Orlando, Mexico, Tokyo, Singapore, Lisbonne ou encore Moscou, rendez vous ici et à quelques minutes de la fin de l’émission ‘On Va Déguster‘ du dimanche 4 mai.

 

Histoires Cubaines – La fille au cigare

CIGARES. Voilà une semaine qu’ils avaient posé leurs valises sur le sol Cubain, à jouer les touristes et tenter de s’immerger – ne serait-ce que quelques instants – dans le monde de la vie Havanaise, à en découvrir ses nombreux recoins et vivre au rythme de la ville.

Après des derniers jours bien chargés, le programme de la journée avait pris des tournures de plage et de baignade sur fond de mer translucide et sable blanc. Le temps était à l’insouciance, aux corps qui se laissent porter par une eau salée qui semblent les soutenir sans aucun effort, aux discussions entre amis sans réel objectif que celui de partager un moment unique, hors du temps.

Havane

Les heures passèrent et l’après midi touchait à sa fin. La perte d’intensité des rayons du soleil indiquait le moment de retour à l’hôtel. Le taxi en version voiture américaine des années 40 fonctionnant selon le bon – et parfois mal – gré de leur moteur de camion russe les attendait déjà.

De retour à l’hôtel, elle monta se rincer, son corps encore sous l’emprise du sel marin, et se changea. Le teint hâlé de sa peau, témoin de cette journée passée sous le soleil, s’enrobait d’une robe bleue ce soir là, bleue des couleurs des murs de la Havane, bleue de la mer azure du golfe du Mexique. La perspective d’un bon repas à La Guarida – un des meilleurs paladars de la ville avait influencé le choix de la robe. Rendre hommage au lieu par la beauté du vêtement, c’était aussi sa façon de transformer une sortie au restaurant en un moment unique.

Collage Voiture

Le séjour touchait à sa fin et pourtant un sentiment d’inachevé avait marqué les esprits les plus observateurs. Elle qui aimait le plaisir de la bonne chaire, la délicatesse d’un verre de vin, la virilité du whisky ou d’un bon rhum ambré en fin de repas, avait toujours refusé de se laisser aller pour celui qui était devenu un art de vivre pour la plupart des invités qui partageaient cette même expérience cubaine..

Pourtant, le ton avait été donné dès l’arrivée à l’hôtel, autour d’un premier mojito dont la qualité dépendait grandement du personnel qui se tenait derrière le bar, en fonction des heures de la journée. Ce ton, c’était celui de la découverte, du partage de passions, de l’envie de profiter ensemble. Ce premier soir, il ne fallut pas attendre très longtemps pour que la plupart des invités au mariage allument leurs cigares, premiers d’une longue série à venir pour quelques uns, le énième pour les connaisseurs les plus endurcis.

Pour nombreux d’entre eux, ce choix de vie remontait à quelques années, voire des décennies pour les plus passionnés. Un déclic, une rencontre, une conversation, l’expérience d’un soir : les raisons étaient multiples pour tous ceux qui un jour avaient décidé de transformer ce moment en une relation passionnelle puis dûment installée pour ne faire plus qu’un lors de la moindre des occasions.

Collage Cigares

Quelques jours avant d’enfiler sa robe bleue, un guide les avait d’ailleurs emmenés sur les chemins de Vinãles, au cœur de Pinar Del Rio, là où tout commence pour la plupart d’entre eux. Un fermier leur avait expliqué l’ensemble du processus, des graines fournies par le gouvernement aux mains expérimentées des agriculteurs qui les transforment avec patience en feuilles avant de prendre le temps de sécher selon une durée définie et d’être amenées aux fabriques essentiellement situées autour de la Havane. Parmi les plus connues, Cohiba, Partagàs, Montecristo, Roméo y Julieta, ou encore Vegas Robaina, résonnaient comme une douce musique pour ceux qui faisaient régulièrement le pèlerinage à Cuba.

Une fois arrivés à la Guarida, les habitués du lieu suggéraient de goûter aux Crêpes de espinacas rellenos de Pollo, Salsa de funghi, tandis que le Caldereta de frutos del Mar al Aroma del Curry Indio semblait faire de l’œil aux papilles en éveil.

Collage Guarida

Les palais occidentaux avaient pour la plupart besoin de fraîcheur et de renouveau après une semaine de cuisine cubaine traditionnelle et les choix se révélèrent judicieux, grâce à des saveurs intelligemment mises en valeur tant dans la créativité, dans le choix de l’assaisonnement que dans la qualité des produits et les techniques de cuisson dont peu de restaurants de la capitale cubaine peuvent malheureusement s’enorgueillir. Tous s’étaient sustentés avec joie et ce bonheur partagé avaient participé aux plaisirs de la grande tablée.

Sans déroger à la coutume, la pièce du restaurant était enfumée lorsque le repas toucha à sa fin. L’un des plus passionnés vint alors à ses cotés, un verre de vin à la main comme pour mieux marquer une complémentarité, avec qui la bonne chaire semble former la Trinité du plaisir gustatif par excellence.

D’abord réticente, puis se laissant doucement convaincre, elle prit le Ramon Allones Specially Selected entre ses doigts et laissa la fumée envahir son palais. De puissantes notes de chocolat et de café se détachèrent immédiatement, procurant aux papilles le rappel du carré de chocolat dont elle était devenue accro il y a quelques années. Pourtant, au bout de la seconde tentative, elle décida d’en rester là.

Le monde, la chaleur, tout cela lui paraissait trop pour une expérience aussi importante dans sa vie. Elle n’était pas encore tout à fait prête et préférait donner vie à ce moment unique dans une atmosphère plus intimiste, sans préjugés ni jugements. Ce soir là, les vibrations de la Casa de la Musica de la Havane avaient une résonance différente, probablement car le monde cubain venait de prendre une saveur particulière.

Ce genre de saveur qui une fois goûtée ne vous lâche plus et reste gravée pour ne jamais s’effacer. Elle venait de faire ses premiers pas dans le monde du cigare…

Festival Omnivore : Et si vous décrochiez votre Pass ?

FAIM. Une fois n’est pas coutume, ce blog accueille l’espace de quelques jours l’opportunité de remporter des Pass 3 Jours pour participer au Festival Omnivore.

Une fois n’est pas coutume car cet espace est très rarement utilisé pour être une plateforme de concours quel qu’il soit. Mais puisque chaque règle vaut son pesant d’exceptions, pourquoi Omnivore ?

Collage Omnivore

Avant tout pour le plaisir d’aller à la rencontre des chefs qui prennent le temps de sortir de leur cuisine et venir nous donner, à nous passionnés, véritable admirateurs et dégustateurs, une mise en bouche de leur univers.

Omnivore également car c’est l’occasion de plonger dans ce monde qui agite nos papilles au plus haut point. Du salé au sucré, on passe d’ateliers en démonstrations pour ne pas perdre une miette du talent que ces génies de la spatule et de la Microplane ont entre leurs mains.

Collage Chef

Mais Omnivore, c’est avant l’opportunité de venir échanger avec ces chefs qui font vibrer les tables du monde et qui participent à leur manière au nouvel élan de la cuisine, lui apportant une jeunesse, une fougue, une créativité dont on ne cessera jamais de se lasser…

Collage DToutain

Alors, pour tout cela, oui et encore oui pour vous donner la chance de repartir avec un pass 3 Jours ! Mais avant l’obtention du Saint Graal, une simple petite question se pose pour déterminer les 10 gagnants : Et vous, pourquoi Omnivore ? Les gagnants seront départagés en fonction de la pertinence de leur commentaire !

Festival Omnivore
Du 16 au 18 mars 2014
Maison de la Mutualité
24 Rue Saint-Victor
75005 Paris

Quelques grammes d’affinage dans un monde de BRUT

RENCONTRE. Une bonne bouteille, quelques verres, un premier contact qui se créé et une soirée qui s’enchaine sur le même rythme. Il en faut parfois peu pour qu’une idée vienne se faufiler parmi les convives autour des dits-verres et prenne vie sous la forme d’une collaboration fructueuse.

Collage BRUT

C’est à l’occasion de ces quelques verres que Jérémy HawkinsPauline Dupin Aymard et leur double bonne étoile Akrame Benallal se sont rencontrés. Le jeune couple cherchait à ouvrir leur bar à vin tandis que le chef étoilé qui fait tourner les papilles rêvait d’une adresse à l’image des deux autres : de la sincérité, de la qualité et surtout le bonheur de voir ses clients prendre tout autant de plaisir autour du produit. BRUT venait de prendre vie.

Dans un décor brut de fonderie, Pauline et Jéremy accueillent les âmes en quête de bonnes bouteilles et d’agapes. Leurs expériences et leurs parcours respectifs permettent à ce jeune couple de proposer des mariages bien pensés, alliant le fromage et la charcuterie aux vins choisis. BRUT - Verres

Dire que Jeremy est un passionné serait manquer de mots pour décrire la vivacité qui l’anime rien qu’à l’écouter raconter son histoire. Celui qui fait la paire avec Pauline faisait déjà du vélo au cœur des domaines de Petrus et Margaux à l’âge de 8 ans puis dans tout le bordelais. Habitant dans une banlieue peu dorée, il se retrouve à l’âge de 15 ans à faire les vendanges au Château Margaux et se prend sa “première claque dans la gueule” comme il le décrit.

Il rejoint alors l’école hôtelière et passe deux ans en section cuisine, en hommage à sa grand mère, grande cuisinière. C’est grâce aux odeurs dans lesquelles j’ai grandit et baigné que je me suis forgé mon odorat et me suis tourné vers le vin.  que je retrouve dans le vin.

À l’époque, la cuisine était un domaine ingrat et à cet âge, tu cherches avant tout à répondre à un besoin de valorisation et la sommellerie m’a amené cela grâce à au nez que j’ai pu développer. Malheureusement, c’est un domaine dans lequel je n’arrivais pas à me trouver, à exprimer ce que je voulais vraiment autour du vin. Je suis parti travailler auprès de vignerons puis j’ai eu la chance de rentrer au Sénat comme assistant sommelier d’abord jusqu’à devenir maître sommelier échelon par échelon.

Aujourd’hui, chez Brut, Jeremy poursuit un rêve qui s’est imposé comme une évidence depuis l’ange de ses 23 ans : devenir caviste.

Être caviste, c’est avoir toute la liberté de parler des vins avec le cœur, avec passion car toi seul est responsable de tes choix. Chaque jour est une nouvelle découverte, un apprentissage quotidien sur ce que le vin t’enseigne. Nous ne sommes que des fourmis dans ce monde de géant qu’est le vin. Caviste, c’est savoir être humble face au vin, à ses 400 références bouteilles que tu tentes d’apprivoiser et raconter leur histoire. Le vin me fait vivre et grâce à lui je fais le métier de mes rêves ! Le matin je me lève et je suis heureux !”

BRUT - Fromage_Vin A ses cotés, Pauline choisit les fromages auprès de Rodolphe Le Meunier, ce MOF affineur qui n’hésite pas à travers les océans pour aller défendre le fromage de qualité et d’excellence tandis que la charcuterie est sélectionnée avec soin auprès d’Éric Ospital.

Si Maître Corbeau laissa tomber son morceau de fromage pour quelques flatteries bien placées, Pauline, elle, s’est accrochée à sa passion pour en faire son métier. Amoureuse de fromage depuis sa tendre enfance, elle se dirige dans un premier temps vers des études de lettres puis de commerce jusqu’à ce que sa route rencontre celle de Jeremy. Ce dernier lui transmet alors sa connaissance et sa fougue sans borne du vin et donne à Pauline les ailes qui lui manquaient pour se lancer avec passion dans le monde du fromage.

C’est un produit qui me parle depuis que je suis toute petite. J’ai toujours eu une fascination pour les arômes qu’il dégage, les techniques de fabrication, d’affinage, etc. C’est un produit vivant exceptionnel !

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On dit souvent que les rencontres donnent parfois naissance aux plus belles histoires, aux projets les plus fous. Des rencontres vierges de sentiments, d’émotion d’abord puis qui se nourrissent de l’envie de l’un, des idées de l’autre. Des rencontres brutes somme toute et qui finissent par se laisser porter pour apporter ces quelques grammes de finesse qui transforment un lieu en une adresse qui affole déjà la foodosphère parisienne.

Cave BRUT
22 rue Lauriston
75016 Paris
+33 1 43 53 64 82