ÉMOTIONS. Rendre compte d’une expérience, aussi intense soit-elle, est un exercice de chaque instant. Trouver les mots justes pour exprimer le moment que l’on vient de vivre est probablement le plus grand dilemme rencontrés par les doigts virevoltant sur le clavier.
En poussant la porte du Chef’s Table at Brooklyn Fare, coincé entre deux magasins, rien de prédisait ce qui allait suivre. Comptoir en zinc, chaises hautes, vue directe sur la cuisine, le restaurant récemment récompensé de 3 étoiles se dévoile sous son plus simple appareil. On s’y rend pour l’assiette, le cadre est secondaire. Brut de fonderie à l’état pur.
C’est mon bébé, c’est chez moi ici. Je reçois dans ma cuisine de la même manière que vous recevez vos invités à la maison, explique explique Cesar Ramirez, l’hôte étoilé du lieu
Welcome Home.
Le service commence par une Soupe aux Petits Pois et Crème au Parmesan. Le ton est donné. Il sera explosif. La suite continue avec une série de poissons japonais, version sashimi. Les eaux sont venues y déposer Saumon, Truite, Madai, Shima Aii, Saba, Oursin, Huitre, Crabe, Maquereau, Sardine, Anchois, Poulpe, .. Le tout parfaitement exécuté, assaisonné, interprété. S’en suit alors alors un hymne aux deux mondes : Foie gras, Homard et Ravioli de veau. Transition toute trouvée entre mer et terre avant que les papilles se laissent emporter par un Canard, sa croûte au sésame et notes de cacahuètes, servi avec des Gnocchis de pomme de terre. Très belle mélodie que celle du bonheur.
Mais lorsque arrive le moment du dessert, les larmes commencent à couler. L’émotion est trop intense pour être retenue. Un Sorbet au Fromage blanc et Rhubarbe pochée fait grimper les papilles au 7eme ciel, le Sorbet Tonkam, sauce chocolat et feuilles d’or frôle l’orgasme culinaire tandis que la Brioche façon Pain Perdu termine un repas d’une intensité unique, rarement rencontrée. Touché, coulé.
Lorsque l’on demande à Billy Elliot ce qu’il ressent lorsqu’il se met à danser, la réponse vient du coeur ‘C’est comme si un feu brulait à l’intérieur de moi‘. The Chef’s Table a enflammé les convives de ses plats ce soir là et l’émotion n’y a pas résisté. Courez-y vite. Très vite.
Brooklyn Fare
200 Schermerhorn St.
Brooklyn, NY 11201
+1 718 243 0050
www.brooklynfare.com/chefs-table
Réservation 6 semaines à l’avance



[...] * The Chef’s Table at Brooklyn Fare was originally BYO-only. They recently got a full liquor license and now have a proper wine service. The wine list, from memory, is quite good, and there are some reasonable values from some of the lesser vaunted regions of France. We went through a lovely bottle of Champagne (Chiquet Blanc de Blancs Grand Cru d’Aÿ) for the amuse bouches, then an excellent white Burgundy (Jobard Meursault ‘En la Barre’), and a stunner of a Rhône red (Chave St. Joseph). It seemed more economical to drink three bottles rather than having them try to construct some type of pairing, which they didn’t seem to encourage. ** As you may have read, there are plans afoot to open a second Chef’s Table in Manhattan. Despite how counterintuitive that sounds (i.e. wouldn’t they then have to be called the Chefs’ Tables as not one chef can be in two places at the same time?), Cesar informed us that the Brooklyn location is his “baby” and he still plans to be there the majority of the time, possibly five nights a week. I don’t much see the point of eating at the Chef’s Table when he is not “the Chef,” but it would be unfair to criticize something before it has even had the chance to open. Best of luck to them… ***My brother and I shared this meal with Mathilde and David, and their account of the meal can be found here. [...]
What a meal!